Eloge de l’autocensure

Il est 5h du matin, alors que je commence cet article insomniaque. Ce samedi matin a des allures de fin de vacances. Cela se sent à mes ongles qui ont repris leur liberté par rapport à leur coupe rase réglementaire. Rapport que là où je le met d’habitude, il vaut mieux qu’il n’y ait rien qui dépasse.

Tiens, une blague graveleuse. Ça faisait longtemps. Il est tard/tôt, c’est l’heure propice en salle de garde. Ne faites pas attention.

Parler pour ne rien dire

Il faut l’avouer, je n’ai rien écrit ici depuis maintenant 24 jours. Si on compare à mon précédent record d’un mois plein, c’est presque une amélioration. Je partage, en effet, mes élans scribouillards entre de la fiction de mauvaise qualité – je n’en recommande pas la lecture – et un mémoire qui n’avance pas. Sur le premier versant j’arrive presque à aligner 100 mots par jours, sur le deuxième j’ouvre un document word déjà un peu rempli (je glande pas non plus, hein) et je n’y tape presque rien. Une phrase par jour. A ce rythme démentiel, je serai diplômé dans 5 ou 6 ans.

Bref, je vous mens de manière éhonté depuis tout à l’heure. Si je n’écris rien, c’est parce que je me retiens d’écrire.

 

J’ai beaucoup de choses à dire, aucune légitimité (il y a des gens dont c’est le métier hein, moi je m’occupe des femmes) et un avis presque trop consensuel. Mes potes mélenchonistes me traitent de centriste et je n’ai pas adressé la parole à mes fréquentations centristes ou vichyssoises depuis presque 6 mois pour éviter d’encastrer les gens dans les murs.

Je ne vais pas ; je ne veux pas ; je ne dois pas parler de politique. Cela serait presque trop simple et trop partisan. S’il y a un domaine dans lequel je n’ai pas la moindre forme d’objectivité, c’est la politique.

 

La faute à ma mère, tout ça

En fait non, ce n’est pas une question d’objectivité. Je suis un adepte des débats sans fins qui s’arrêtent quand le ciel pâlit. Ce qu’il va faire d’ici une bonne heure, soit dit en passant. En fait ma mère m’a passé, outre une éducation déviante et féministe, le goût d’avoir raison.

Je n’y peux rien, j’aime ça. Nos joutes verbales sur un point de désaccord nous entraînent souvent à des pics de décibels ; c’est une fois le repas terminé et devant l’ordinateur, que le vainqueur avait le droit d’humilier son adversaire par un beau « Hey, tu vois, t’avais tort. Toc. » Car l’ordinateur et le smartphone ont remplacé il y a bien longtemps le dictionnaire et l’encyclopédie. Au moins, avec les bouquins, on avait l’excuse du « Nan, mais t’as vu la date de parution ? C’est totalement dépassé ! »

Genre Wikipedia est une source fiable.

Donc en politique, j’ai raison. C’est de droit de naissance en quelque sorte. Heureusement qu’il n’y a pas de vrai débat politique chez moi, ça deviendrait des bains de sang. Aussi, en dehors de mon cercle intime, je n’aime pas ça. Sauf si on me tend une perche, car j’ai la mauvaise manie de les saisir au vol.

 

Donc je ne parlerai pas de politique

Ce billet ne sert fondamentalement à rien. J’ai commencé en refusant de m’étaler et j’ai fini par parler de ma mère. J’enverrai le script à Woody Allen.

Pendant que je vous tiens, j’aimerai quand même vous placer un mot. Un tout petit mot sur le sujet. Voilà. Paraît qu’il y a des élections en ce moment. J’ai voté, je ne dirai pas pour qui. Et j’ai voté une deuxième fois en utilisant la procuration d’une gentille dame.

Je compte bien le refaire dimanche 6 mai. Il me semblerait utile de vous inciter à en faire autant.

Là dessus, je ne compte pas vous influencer. C’est votre choix libre de citoyen. Je voudrais juste souligner que…

D’un côté il y a un mec qui propose une société basée sur la haine et la méfiance, un mec qui plaide des choix de société qui ferait revenir les droits des femmes en arrière (on a parlé de contraception non remboursée pour les mineures) et dont le discours a un air déjà entendu ; vous savez votre grand oncle qui avait 15 ans en 1942 et qui radote sur un certain Maréchal en buvant son pinard pépère au bout de la table. Je crois qu’il se verrait bien rester dans son appartement. Après tout, quand les meubles sont posés… Et les enfants aiment le jardin.

Et en face il y a Hollande.

Je dis ça, l’air de rien. Personnellement, je sais pour qui je vote le 6, hein.

(Et si vous n’êtes pas d’accord, je serai heureux de dire qu’il est 5h30 du matin et que je vais dormir).