Salut 2026,
Tu commences… Comme tous les ans depuis 4 ans. Je me suis réveillé sous les coups de pied de mon deuxième qui s’était glissé sous la couette à 5 h 30.
J’ai essayé de dire au revoir à ma chérie qui s’est levée à 6 h 30 après une nuit trop courte.
Ma fille a débarqué à [ressenti trop tôt] pour se chamailler avec son frère.
Puis ils ont décidé d’aller faire du dessin et ils m’ont laissé dans le lit.
Peut-être qu’en fait les enfants grandissent. Je me suis fait un deuxième café pour la peine.
Physiquement, je vais bien ; psychiquement, je sens les répliques sismiques des évènements de la fin de l’été.
Bonne année, du coup ; la santé, surtout.
Tous les chemins du blog me ramènent cet article du nouvel an.
J’ai une catégorie spéciale, juste pour ça.
Ils sont pour moi, ces billets. C’est la faute du Étienne du passé qui, un 31 décembre, avant de partir en quête d’une chimère — un réveillon du jour de l’an parfait — a décidé de se poser, de faire un point sur l’année écoulée, puis de publier ça sur son blog.
J’ai arrêté de compter, mais ce premier billet, que vous ne retrouverez jamais, a l’âge de commander une pinte dans un bar.
Pour qui écris-tu ces billets-là, Étienne ?
Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un que ça intéresse ?
Toi.
Tu vas commencer à chouiner dans trois paragraphes que « nia nia la visibilité, ouin ouin j’arrive pas à publier. » Au moins tu peux t’avouer que c’est l’occasion de sortir quelque chose.
Malgré tes insécurités.
Il est là, le nœud du problème depuis toujours, non ?
Ma dernière journée de travail — je rédige entre le 28 et le 31 décembre 2025, la temporalité risque d’être un peu floue — a été bizarre. De la grossesse et de la gynécologie. Une visite à domicile.
Tu as eu le temps, miracle de Noël, de déjeuner et d’aller boire un café.
Pourquoi est-ce que recevoir ce patient t’as déstabilisé ?
Est-ce que cette nouvelle barista était si compliquée à côtoyer ? Elle était super sympa et très accueillante en plus.
Pourquoi est-ce que tu avais l’impression d’un décalage ?
En anglais on dirait that day felt off, comme si j’étais dans une ligne temporelle alternative, où je n’aurais pas été exactement à ma place, ajustée, au millimètre.
Tu as mis ton masque de travers ce matin ?
Non.
Je ne pense pas.
Je suis fatigué, c’est tout.
Me lever ce matin a été un supplice.
Je culpabilise de ne pas avoir été voir ma grand-mère ce Noël, mais rester à Paris, faire moins, se reposer, était nécessaire.
J’avais besoin d’une pause.
J’ai donné le maximum sur la fin de l’année 2025. J’ai appris énormément également sur moi-même, sur mes ressources, sur mes limites, sur la parentalité.
Je vomis le vocabulaire entrepreneur, mais je crois que chaque changement est aussi l’opportunité de grandir.
Je vais maintenant aller dire ça à mon moi qui est terrifié à l’idée de laisser son cabinet pour changer sa façon de travailler dans le futur.
Un autre débat pour un autre temps qui n’est pas encore venu.
Tous les ans je promets que je continuerai d’écrire sur le blog.
J’avais mis en place des stratégies, une sorte de canevas détaillé, mais je dois vous avouer un truc — au cas où vous n’aviez pas compris : je suis dissipé. Je passe d’un sujet à l’autre.
Actuellement, déjà, je fais un effort surhumain pour rester dans mon plan.
L’écriture fait parti des choses qui restent une constante dans ma vie depuis presque vingt ans. Sa présence dans mon quotidien varie énormément.
Je n’arrive pas vraiment à trouver la « régularité » tant vantée par Sanderson pour produire du texte. En fait j’ai surtout du mal à me cadrer dans l’effort pour que le résultat sorte.
Internet réclame pourtant de la productivité.
Créer quelque chose, c’est bien. Publier, surtout.
Anna Godefroid dans Les gens qui doutent de Fanny Ruwet dit fortement ressentir la pression des réseaux, notamment d’Instagram, qui ne favorise que ceux qui publient régulièrement. À son échelle, une semaine sans contenu se compte en centaines d’abonnés en moins.
Oui, c’est le douloureux rappel que la plupart des plateformes que nous utilisons sont « gratuites » parce qu’elles utilisent notre contenu pour mettre en avant de la publicité. La logique de Meta, avant tout, c’est qu’un compte qui ne publie pas régulièrement attirera moins de monde et donc gardera moins longtemps les utilisateurs à un endroit où ils pourraient croiser ses annonceurs.
Donc cette plateforme pousse à produire. C’est fantastique comme je hais le capitalisme à ce stade de ma vie. Et mon blog a un outil dédié à cela, hein.
Mais je refuse d’utiliser l’immonde incitation quotidienne de WordPress (aujourd’hui c’est « Comment vos opinions politiques ont-elles évolué au fil du temps ? », un banger — ben j’étais de gauche modérée et je chie maintenant sur le capitalisme et le système qui utilise la souffrance et la vie d’autres personnes comme des ressources interchangeables pour détruire un écosystème qui nous permet de faire des choses basiques comme respirer ou boire de l’eau potable — à demain pour une autre incitation à enfoncer des portes ouvertes). Ou1, ou2, ou3.
J’ai un nouveau plan, j’en parle plus bas.
Donnons nous rendez-vous en 2026 pour voir si j’ai réussi mon coup.
Promesse d’ivrogne, car, vous pouvez voir que j’ai publié trente billets cette année : vingt-cinq en décembre, deux en janvier, deux en novembre. C’est léger pour maintenir une dynamique. Je suis nul en réseaux sociaux. Je me suis reposé trop longtemps sur la visibilité de collègues blogueurs pour exister en ligne.
J’ai encore des visiteurs qui arrivent via d’anciens blog encore actifs ou des vieux flux RSS.
Je ne sais pas si cette visibilité était méritée.
Je n’étais pas vraiment bon. J’existais.
Une gemme brute dans une gangue de fautes d’inattention et de grammaire.
Je me suis plaint, dans le billet conclusif de l’Avent 2025, de la baisse de statistiques, mais est-ce que j’ai fait le moindre effort pour corriger cela cette année ?
Non.
On s’explose pas par hasard4.
Enfin si, mais le succès repose sur le fait que les comptes qui vous suivent repèrent un texte au milieu de la masse des messages qu’ils voient tous les jours, se disent que ça les émeut suffisamment pour partager le lien à leurs abonnés, qui sont eux-mêmes chavirés et qui continue la boucle.
Le bon texte, le bon public, le bon timing et la règle des 10% : 10% des gens mettent un cœur, 1% d’entre-eux partagent ou commentent. Le tout multiplié par trois réseaux sociaux différents.
Je prends le problème à l’envers.
J’ai besoin de temps dédié pour traîner sur internet comme à l’époque des débuts.
Oh ils me manquent mes forums et mes groupes.
Où sont mes chan IRC ? Je n’ai plus le temps.
Si j’arrive à trouver quelques minutes pour moi, je suis déjà un homme heureux.
Il reste un problème sous-jacent : produire du contenu. J’ai parié sur les blogs après tout, donc de nouveaux textes comme celui-ci sont une évidence.
Mais les plateformes poussent à créer des formats différents.
Instagram pousse à faire des reels.
TikTok me fait de l’œil.
J’ai envie de créer des moments, peut-être un format plus proche du podcast ?
Me filmer en train de faire quelque chose, lire mes textes à haute voix ?
Il me faudrait un trépied pas cher, une lumière et un micro de qualité correct.
Tout cela se trouve sur Amazon à un prix abordable.
Est-ce que c’est le moment où le Passeur se lance en audio-vidéo ?
Pourquoi pas ?
C’est le prix à payer de nos jours, il paraît. Le contrat parasocial par excellence qui vient remplacer le pacte de lecture auto-fictif. Bien plus dangereux pour tout le monde.
Au lieu de créer de nouveaux textes, je pourrais également me mettre à ressortir des classiques.
Je pense que j’aime plutôt tous les textes que j’ai écrit sur mon blog au fil des ans.
Quand ce texte paraîtra, il y en aura 190.
7 ans de publications.
Un certain nombre de ces vieux textes méritent probablement une réécriture, ou a minima une réédition. Je dois avouer que j’avais un niveau d’exigence sur la qualité générale assez bas à mes débuts.
Nous nommerons cela pudiquement « les affres de l’adolescence littéraire ».
Il doit y avoir dans le coffret à souvenir des sujets qui n’ont pas eu la chance d’être traité correctement. Je l’ai rempli, après tout, au fil du temps, sans vraiment jamais y revenir. Et si, selon mes statistiques, un ou deux lecteurs s’égarent dans les archives de 2019 tous les ans, je pense que personne ne se souvient de tout mon avent de l’époque.
Si vous avez envie que je commence quelque part, n’hésitez pas à me le dire en commentaire.
Et on se revoit en 2026.
J’espère. Prenez soin de vous. Oui, même toi.
- Bonus : celle d’aujourd’hui est « Quelles sont les relations qui ont un effet positif sur vous ? » — Toutes celles qui, avec bienveillance, permette à mon cerveau de fonctionner correctement sans être toxiques. Pas beaucoup, du coup. J’alterne entre celles qui drainent mon énergie, les relations asymétriques de soin qui me donne ma dose de valorisation et les gens qui peuvent dépenser un peu de leur énergie à eux pour me remonter en selle. Je les compte sur les doigts d’une main. ↩︎
- Bonus 2 : celle d’aujourd’hui est « Qu’est-ce qui vous rend nostalgique ? » — Concrètement je n’aime plus la nostalgie depuis que j’ai compris que c’était un poison pour l’esprit, un refrain de notre cerveau pour nous faire croire qu’il y eut un âge d’or que l’on regrette, alors que toutes ces époques ont eu des bons et des mauvais côtés. Je n’avais pas les ressources pour éviter toujours les aspects problématiques. La nostalgie n’est qu’un fantasme qui profite à la société de consommation. ↩︎
- Bonus 3 : celle du 1er janvier, pour bien commencer l’année « Quels sont vos plus grands défis. » — Je trouve dérangeant d’aborder le monde comme une série de défis (ou de challenges (#vomir)). Comme si juste se lever le matin, manger équilibré, prendre soin de sa famille et travailler correctement n’était pas une fin en soi. Mon plus grand défi ces derniers jours a été de répondre à ces prompts débiles. Promis, j’arrête. ↩︎
- Enfin si. Ça arrive que la conduite de gaz de votre bâtiment explose un jour de juin, et vous, par hasard, avec. Trop premier degré, pardon. J’accuse la fatigue chronique. ↩︎
Mon flux RSS n’est pas vieux, j’ai du tout retrouver après la disparition de Netvibes. J’ai galéré. Et je suis ravie d’avoir de nouveau ce calendrier de l’avent, que je trouve très bien écrit. Je ne supporte pas les vidéos, jamais le temps de les regarder…
Faites ce qui vous convient.
Merci pour tout dans tous les cas.
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Avec grand plaisir !
Je n’ai jamais utilisé Netvibes, mais je suis toujours triste que les options de RSS (hors réseaux sociaux) disparaissent.
En tout cas l’objectif principal reste l’écrit ! La vidéo ou le son n’aurait comme enjeux que de faire « la promotion » (je déteste écrire ça) de mon travail.
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