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	<title>Un Passeur</title>
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		<title>Sanctuaire</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2012 12:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui est un grand jour ! L&#8217;an 0 d&#8217;une nouvelle ère. On va faire un remake de l&#8217;histoire japonaise avec des lits. Vous allez voir, vous allez tout comprendre. &#160; Une historiographie à coup de lattes D&#8217;abord fut mon premier lit. Son règne impitoyable et odieux dura près de 18 mois. Il s&#8217;agissait d&#8217;un lit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui est un grand jour ! L&#8217;an 0 d&#8217;une nouvelle ère.</p>
<p>On va faire un remake de l&#8217;histoire japonaise avec des lits. Vous allez voir, vous allez tout comprendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une historiographie à coup de lattes</h3>
<p>D&#8217;abord fut mon premier lit. Son règne impitoyable et odieux dura près de 18 mois. Il s&#8217;agissait d&#8217;un lit à barreaux blancs, simples, qui auraient pu davantage blanchir sous le choc, tant ma tête les a frappé tandis que je faisais mes premières dents. Très vite une demoiselle très mignonne (ma sœur) vint m&#8217;en chasser. Cet empereur impitoyable fut remplacé par un  autre.</p>
<p>Bizarrement je garde peu de souvenir de ce deuxième lit. Il régna près de 4 ans, pourtant. Je me couchais le matin, mais quelque chose me poussait à m&#8217;en séparer. Sa majesté le glissant, pourrait-on le nommer. A titre préventif mes parents mettaient une couche de coussin à ses pieds pour que ma chute durant la nuit ne soit pas trop brutale ; j’émergeais, reposé, au petit matin sur un tas de peluche et deux coussins marrons moelleux.</p>
<p>Et un jour, occupé en pleine guerre territoriale avec ma sœur (j&#8217;avais 5 ans, elle avait ses premières poupées et moi mon premier établis ; je vous assure que j&#8217;ai été élevé par une féministe) pour savoir si mes voitures devaient se trouver dans une caisse ou une offre, le glissant fut détrôné après un torrent de joie. On avait doit à ce que tous les enfants du monde veulent : un lit superposé.</p>
<p><em>Si vous n&#8217;êtes pas d&#8217;accord, un sondage effectué auprès de deux personnes (Troy et Abed), a révélé que <a title="Et même Dr Who le dit, et il a 900 ans lui !" href="http://www.youtube.com/watch?v=ekn3mPG5y-k">&laquo;&nbsp;Bunk beds are awesome&nbsp;&raquo;</a> Cela clos le débat</em>.</p>
<p>Ainsi, je partageais pendant 6 années cet empereur avec ma sœur. D&#8217;entrée, notez qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un empereur un brin machiste mais très ouvert d&#8217;esprit. J&#8217;étais en haut (parce que les barrières me retiendraient de tomber, cette fois) et ma sœur en dessous. Ma sœur montait régulièrement (en évitant de se cogner au plafond, qui à l&#8217;époque n&#8217;était pas encore en verre), et s&#8217;entrainait au saut en parachute. Je descendais faire des cabanes en dessous.</p>
<p>Mais les lits superposés marquent toujours une pause. Cette pause vient avec l&#8217;adolescence, quand, vraiment, il n&#8217;est plus tolérable de vivre avec une fille dans sa chambre. Le concept de chambre me semble intéressant, on va y revenir plus tard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Ce sous-titre est purement décoratif, il est 1h30 du mat&#8217;, j&#8217;ai le droit.</h3>
<p>Donc, disais-je, l&#8217;adolescence amène à changer de chambre. Le lit superposé avait fait son temps et parti couler des jours heureux chez la nourrice avec les autocollants Star Wars et Spiderman. Je devais trouver un bon lit. J&#8217;avais 12 ans et demi et j&#8217;étais un crétin passionné par Harry Potter, Tolkien et Pullman. Et entre deux relectures de Bilbo le Hobbit, je lisais ce qui trainait par là : Anne Rice, Asimov, K. Dick&#8230; Tout ce qui me passait entre les mains à l&#8217;époque en fait. La littérature devenait cool, mais pas celle qu&#8217;on vous oblige à lire en 6e parce que <em>&laquo;&nbsp;c&#8217;est de notre niveau&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Il me fallait un lit surélevé, un truc cool avec plein de tiroir et de rangement et&#8230; j&#8217;avoue que l&#8217;effet lit superposé me manquait. J&#8217;étais un crétin. C&#8217;était presque un bateau. Son règne dura 12 ans avec le même matelas (qui commençais à fatiguer à la fin) et il rencontra plein de trucs. Lits une place, adolescents, barres sur les côtés, matelas pourri à la fin. Est-ce que j&#8217;ai besoin de vous faire un dessin ou vous êtes capable de voir ce que ça donne à partir de 16-17 ans ? On est d&#8217;accord.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, donc, ce lit a filé pourrir un autre début d&#8217;adolescence (une fille de 11 ans, je crois, je lui souhaite bonne chance). Tu m&#8217;as rendu de grands services lit, et tu étais bien pratique, mais tu devenais beaucoup trop étroit. A 15h ce lit était en pièce détaché dans la camionnette du frère de ma nourrice et une heure plus tard mon nouveau lit était là, produit par mes deux mains et par mon esprit qui a réussi à lire la notice de construction. Une activité manuelle saine qui marquait la fin de l&#8217;ère du lit bateau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Accueillez sa majesté le&#8230; wait a minute !</h3>
<p>Cette histoire avait bien commencé. Le lit monté, le futon installé&#8230; Il manquait juste des tatamis. En gros le truc qui transforme un cadre en sommier. Parce que le futon, il faut bien le poser sur quelque chose non ?</p>
<p>La Redoute avait donc vendu un cadre pour futon, sans tatamis. Parce qu&#8217;ils sont comme ça, à La Redoute. Ca ne les gêne jamais de livrer un moteur avec quatre roues et un volant. Les châssis, c&#8217;est surfait.</p>
<p>Si on considère qu&#8217;une chambre, c&#8217;est une porte qui peut se fermer (pour éviter d&#8217;être surpris au mauvais moment dans une situation délicate parce que rien ne fait obstacle à l&#8217;arrivée d&#8217;un index plié sur un bout de bois) et un lit (parce que dans une chambre, il faut un lit, ne serait-ce que pour dormir), alors je suis actuellement sans chambre fixe depuis 17h et ce jusqu&#8217;à Samedi. Parce qu&#8217;un mec a fait un repose futon en kit et s&#8217;est dit qu&#8217;il serait marrant de ne pas mettre de tatamis.</p>
<p><em>Un futon sans tatami, <a title="Comprendra qui pourra" href="http://www.joueurdugrenier.fr/tintin-au-tibet-megadrive-2/">c&#8217;est comme un jeu Infogrames</a>.</em></p>
<p>Cette situation est une cause de souffrance importante. Ma chambre est toujours restée un point fixe dans l&#8217;univers.</p>
<p>Je pense qu&#8217;on a tous un sanctuaire (oh, tiens, voilà le sujet de l&#8217;article qui arrive après quoi&#8230; 900 mots ?) quelque part, un point de chute qui sera toujours là en cas de besoin. Quand je suis lâché dans Paris à 3h du matin, sortant d&#8217;un bar, j&#8217;ai toujours le recours d&#8217;appeler un taxi et de tomber sur mon lit. Même si je suis en Islande en train de monter ma tente sous un orage immonde, je sais que deux semaines plus tard j&#8217;ai mon chez moi qui m&#8217;attends. C&#8217;est à la fois un refuge et un lieu où on peut se retrouver seul.</p>
<p>On sait qu&#8217;il existe.</p>
<p>Pour moi cet endroit n&#8217;existe plus pour les 5 prochains jours. Et j&#8217;ai du mal avec ça.</p>
<p>Je tenais à ce que vous le sachiez.</p>
<p><em>Ce billet a été, à peine, inspiré par la présence de ma bien aimée qui m&#8217;accueille ce soir dans le sien, de Sanctuaire, en attendant que le mien soit en état. Samedi. </em></p>
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		<title>Eloge de l&#8217;autocensure</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Apr 2012 09:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est 5h du matin, alors que je commence cet article insomniaque. Ce samedi matin a des allures de fin de vacances. Cela se sent à mes ongles qui ont repris leur liberté par rapport à leur coupe rase réglementaire. Rapport que là où je le met d&#8217;habitude, il vaut mieux qu&#8217;il n&#8217;y ait rien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est 5h du matin, alors que je commence cet article insomniaque. Ce samedi matin a des allures de fin de vacances. Cela se sent à mes ongles qui ont repris leur liberté par rapport à leur coupe rase réglementaire. Rapport que là où je le met d&#8217;habitude, il vaut mieux qu&#8217;il n&#8217;y ait rien qui dépasse.</p>
<p>Tiens, une blague graveleuse. Ça faisait longtemps. Il est tard/tôt, c&#8217;est l&#8217;heure propice en salle de garde. Ne faites pas attention.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://orcrawn.fr/wp-content/uploads/2012/04/Caran-d-ache-dreyfus-supper-copie.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-154" title="Caran-d-ache-dreyfus-supper copie" src="http://orcrawn.fr/wp-content/uploads/2012/04/Caran-d-ache-dreyfus-supper-copie-826x1024.png" alt="" width="640" height="793" /></a></p>
<h3>Parler pour ne rien dire</h3>
<p>Il faut l&#8217;avouer, je n&#8217;ai rien écrit ici depuis maintenant 24 jours. Si on compare à mon précédent record d&#8217;un mois plein, c&#8217;est presque une amélioration. Je partage, en effet, mes élans scribouillards entre de la fiction de mauvaise qualité &#8211; je n&#8217;en recommande pas la lecture &#8211; et un mémoire qui n&#8217;avance pas. Sur le premier versant j&#8217;arrive presque à aligner 100 mots par jours, sur le deuxième j&#8217;ouvre un document word déjà un peu rempli (je glande pas non plus, hein) et je n&#8217;y tape presque rien. Une phrase par jour. A ce rythme démentiel, je serai diplômé dans 5 ou 6 ans.</p>
<p>Bref, je vous mens de manière éhonté depuis tout à l&#8217;heure. Si je n&#8217;écris rien, c&#8217;est parce que je me retiens d&#8217;écrire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup de choses à dire, aucune légitimité (il y a des gens dont c&#8217;est le métier hein, moi je m&#8217;occupe des femmes) et un avis presque trop consensuel. Mes potes mélenchonistes me traitent de centriste et je n&#8217;ai pas adressé la parole à mes fréquentations centristes ou vichyssoises depuis presque 6 mois pour éviter d&#8217;encastrer les gens dans les murs.</p>
<p>Je ne vais pas ; je ne veux pas ; je ne dois pas parler de politique. Cela serait presque trop simple et trop partisan. S&#8217;il y a un domaine dans lequel je n&#8217;ai pas la moindre forme d&#8217;objectivité, c&#8217;est la politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La faute à ma mère, tout ça</h3>
<p>En fait non, ce n&#8217;est pas une question d&#8217;objectivité. Je suis un adepte des débats sans fins qui s&#8217;arrêtent quand le ciel pâlit. Ce qu&#8217;il va faire d&#8217;ici une bonne heure, soit dit en passant. En fait ma mère m&#8217;a passé, outre une éducation déviante et féministe, le goût d&#8217;avoir raison.</p>
<p>Je n&#8217;y peux rien, j&#8217;aime ça. Nos joutes verbales sur un point de désaccord nous entraînent souvent à des pics de décibels ; c&#8217;est une fois le repas terminé et devant l&#8217;ordinateur, que le vainqueur avait le droit d&#8217;humilier son adversaire par un beau &laquo;&nbsp;<em>Hey, tu vois, t&#8217;avais tort. Toc.&nbsp;&raquo;</em> Car l&#8217;ordinateur et le smartphone ont remplacé il y a bien longtemps le dictionnaire et l&#8217;encyclopédie. Au moins, avec les bouquins, on avait l&#8217;excuse du <em>&laquo;&nbsp;Nan, mais t&#8217;as vu la date de parution ? C&#8217;est totalement dépassé !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em></em> Genre Wikipedia est une source fiable.</p>
<p>Donc en politique, j&#8217;ai raison. C&#8217;est de droit de naissance en quelque sorte. Heureusement qu&#8217;il n&#8217;y a pas de vrai débat politique chez moi, ça deviendrait des bains de sang. Aussi, en dehors de mon cercle intime, je n&#8217;aime pas ça. Sauf si on me tend une perche, car j&#8217;ai la mauvaise manie de les saisir au vol.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Donc je ne parlerai pas de politique</h3>
<p>Ce billet ne sert fondamentalement à rien. J&#8217;ai commencé en refusant de m&#8217;étaler et j&#8217;ai fini par parler de ma mère. J&#8217;enverrai le script à Woody Allen.</p>
<p>Pendant que je vous tiens, j&#8217;aimerai quand même vous placer un mot. Un tout petit mot sur le sujet. Voilà. Paraît qu&#8217;il y a des élections en ce moment. J&#8217;ai voté, je ne dirai pas pour qui. Et j&#8217;ai voté une deuxième fois en utilisant la procuration d&#8217;une gentille dame.</p>
<p><em>Je compte bien le refaire dimanche 6 mai.</em> Il me semblerait utile de vous inciter à en faire autant.</p>
<p>Là dessus, je ne compte pas vous influencer. C&#8217;est votre choix libre de citoyen. Je voudrais juste souligner que&#8230;</p>
<p>D&#8217;un côté il y a un mec qui propose une société basée sur la haine et la méfiance, un mec qui plaide des choix de société qui ferait revenir les droits des femmes en arrière (on a parlé de contraception non remboursée pour les mineures) et dont le discours a un air déjà entendu ; vous savez votre grand oncle qui avait 15 ans en 1942 et qui radote sur un certain Maréchal en buvant son pinard pépère au bout de la table. Je crois qu&#8217;il se verrait bien rester dans son appartement. Après tout, quand les meubles sont posés&#8230; Et les enfants aiment le jardin.</p>
<p>Et en face il y a Hollande.</p>
<p>Je dis ça, l&#8217;air de rien. Personnellement, je sais pour qui je vote le 6, hein.</p>
<p><em>(Et si vous n&#8217;êtes pas d&#8217;accord, je serai heureux de dire qu&#8217;il est 5h30 du matin et que je vais dormir).</em></p>
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		<title>Intelligent Coworking : Chère Odile Buisson,</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Apr 2012 21:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[chirurgien]]></category>
		<category><![CDATA[compétence]]></category>
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		<category><![CDATA[grossesse]]></category>
		<category><![CDATA[gynécologie]]></category>
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		<category><![CDATA[Odile Buisson]]></category>
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		<category><![CDATA[sage-femme]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai hésité. Je vous avoue que j&#8217;ai repoussé ce moment à plusieurs reprises. Pour ceux qui prennent l&#8217;histoire en route, tout avait commencé par une tribune dans Le Monde. Odile Buisson, gynécologue-obstétricienne, chirurgienne donc, venait alerter le bon peuple. Au passage elle se payait une première fois la profession de sage-femme en expliquant que : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai hésité. Je vous avoue que j&#8217;ai repoussé ce moment à plusieurs reprises. Pour ceux qui prennent l&#8217;histoire en route, tout avait commencé par une<strong> <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/29/la-disparition-annoncee-des-gynecologues-et-des-generalistes-de-la-sante-genesique_1676903_3232.html">tribune dans Le Monde</a></strong>. Odile Buisson, gynécologue-obstétricienne, chirurgienne donc, venait alerter le bon peuple. Au passage elle se payait une première fois la profession de sage-femme en expliquant que :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;l&#8217;Ordre des sages-femmes s&#8217;avance sur un terrain qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais envisagé dix ans plus tôt : faire le travail du médecin ou du gynécologue, sans avoir de compétence équivalente mais à un coût moindre selon la conception managériale du soin actuellement en vogue.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Je me suis alors demandé si ses parents ne lui avait pas appris à ne surtout pas parler la bouche pleine de corporatisme quand elle était plus petite. Bien entendu, avec une <strong>méconnaissance si profonde de la profession de sage-femme</strong> elle a eu droit à des réactions diverses. Elle n&#8217;a pas compris, Odile Buisson. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi les usagères et les <em>&laquo;&nbsp;petites mains&nbsp;&raquo; </em>se rebellent-elles ?</p>
<p style="text-align: left;"><em>Je cite la citation. Vu que je suis en aparté, j&#8217;en profite pour dire, à mon humble avis, qu&#8217;un chirurgien qui parle de sage-femme en disant &laquo;&nbsp;petites mains&nbsp;&raquo;, même avec des guillemets, c&#8217;est comme un mec qui utilise &laquo;&nbsp;nègre&nbsp;&raquo; avec des guillemets : insultant.<br />
</em></p>
<p style="text-align: left;">Elle a donc décidé de<strong><a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/518245-sages-femmes-et-gynecologues-ne-melangeons-pas-tout.html"> mettre les points sur les i</a></strong>. Je laisserai à mes copines féministes châtier les propos injurieux. Je trouve personnellement très déplacé le <em>&laquo;&nbsp;emballement brutaux de leurs vies&nbsp;&raquo; </em>et autres <em>&laquo;&nbsp;joies de souffrir&nbsp;&raquo;.</em></p>
<h3 style="text-align: left;">Préambule</h3>
<p>Mme Buisson. Je vous lis depuis un bout de temps, vous savez. J&#8217;ai même été relativement impressionné par les récits de vos recherches sur le clitoris et sur la sexualité féminine en général. Vous avez un discours qui semble relativement progressiste et j&#8217;aime ça.</p>
<p>Sachez que vous et moi avons trois points communs. Nous sommes tous les deux classés dans les professions médicales (enfin, quand j&#8217;aurais mon diplôme dans 3 mois, mais c&#8217;est un léger point de détail), nous intervenons en péri-natalité. Nous avons tout les deux à coeur, au fond, le même sujet : la santé des femmes. J&#8217;oserais presque vous appeler<em> &laquo;&nbsp;consœur&nbsp;&raquo;</em> ou <em>&laquo;&nbsp;confrère&nbsp;&raquo;</em> mais des corporatistes divers m&#8217;ont dit que ça ne se faisait pas.</p>
<p>J&#8217;ai envie, moi aussi, de vous rappeler quelques faits élémentaires. Au passage, je me garderai de vous insulter, de vous rabaisser, de vous mépriser.<strong> Ainsi, en additionnant notre niveau d&#8217;étude et notre ton envers la corporation de l&#8217;autre, nous serons à peu près au même niveau.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Les sages-femmes</h3>
<p>J&#8217;aimerai commencer par vous rappeler dans la maison de vos maîtres. C&#8217;est en effet avec quelques sages-femmes que les choses ont commencé pour nous tous. Sans remonter très loin, j&#8217;aimerai vous rappeler votre premier jour de premier semestre d&#8217;internat en maternité, quand une sage-femme vous a fait faire votre premier accouchement, en vous enseignant la base. Cette professionnelles aux compétences <strong>définies</strong> et non pas <em>&laquo;&nbsp;limitées&nbsp;&raquo;</em> a, en effet, beaucoup contribué à votre pratique actuelle. Des détails, mais le genre de détails qui comptent.</p>
<p>C&#8217;est ce que nous sommes : la base. Une excellente base d&#8217;ailleurs, si j&#8217;en crois les différentes études sur la morbi-mortalité des mères en France d&#8217;ailleurs. Ce n&#8217;est pas pour rien que l&#8217;<strong>OMS nous considère comme le meilleur facteur de réduction de la mortalité maternelle et infantile</strong> dans le monde. Mais c&#8217;est l&#8217;OMS. Je ne sais pas si ça concerne la France aussi. Qu&#8217;en pensez-vous ?</p>
<p>Nous ne sommes pas de petites mains. Nous sommes des professionnelles de santé très compétentes. Vous mettez en doute notre compétence à diagnostiquer une pathologie ? Nous passons l&#8217;essentiel de notre vie à diagnostiquer la pathologie. <strong>Toute notre vie, nous resterons en première ligne</strong>, de jour comme de nuit. Nous assurons les urgences, les accouchements (85% des accouchements) qu&#8217;ils soient eutociques ou légèrement dystociques.  Comme dit mon directeur technique : on reconnait une sage-femme à ce qu&#8217;elle connait bien ses manœuvres. Parce que l&#8217;accouchement du siège en urgence ou la dystocie des épaules imprévue, elle est pour nous. <strong>Les obstétriciens arrivent bien souvent après la bataille et pourtant le taux de mortalité maternelle, vous le vantez plus que vous ne le décriez.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Les compétences</h3>
<p>Il y a quelques années maintenant (ciel, déjà 4 ans ?) on nous a offert la contraception et le suivi gynécologique en nous consultant à peine. Je m&#8217;en souviens, surtout à cause du débat que nous avons eu à ce moment là. Nous avons alors décidé de réagir en prenant le problème à bras le corps : nous nous sommes formés. Déontologiquement, une sage-femme se refuserait à effectuer un suivi gynécologique sans formation préalable. Tout professionnel de santé réagirait comme cela.</p>
<p>Cependant je souhaiterais vous rassurer sur quelques points. La contraception et le dépistage des cancers gynécologique ne nous sont pas des terrains inconnus. En effet, cela fait longtemps que nous faisons cela sur des patientes enceintes. Je pense que toute sage-femme est capable de réaliser un frottis ou d&#8217;effectuer une prescription de contraception en utilisant la méthode BERCER de façon appropriée. Si cela vous rassure nous avons tous un Sarfati, au moins abrégé, dans notre bibliothèque.</p>
<p>La gynécologie médicale a bien servi la santé des femmes. Nous sommes formés en gynécologie médicale car <strong>nous sommes des spécialiste de la femme et de la femme enceinte en dehors des situations pathologiques</strong>. Avant de poser des stérilets, nous nous formons, dépister des cancers, nous le faisons et prescrire une contraception&#8230; excusez-moi pour la pique, mais je n&#8217;ai jamais été l&#8217;interne qui prescrit une pilule à une jeune fille qui sort de sa troisième IVG pour oubli de pilule. <strong>Parce qu&#8217;une contraception mérite information, réflexion et choix éclairé de la patiente.</strong></p>
<p>Au delà des compétences, ne pensez-vous pas que le suivi des femmes dans leur vie génitale mérite une écoute bienveillante et attentive, que les sages-femmes sont habituées à donner ? Vu que nous nous occupons des entretiens au planning familial, que nos consultations durent souvent plus longtemps (en moyenne 30 minutes à l&#8217;hôpital, parfois une bonne heure en libéral), ne sommes nous pas bien formées sur ce plan là ? Je n&#8217;avance que des spéculations.</p>
<h3>Cependant</h3>
<p>Nous sommes d&#8217;accord sur un point : il est ridicule de payer les sages-femmes aussi peu et de vouloir faire des économies sur notre dos. Je m&#8217;attends donc à votre soutient fervent dans notre lutte de tous les jours pour l&#8217;augmentation des salaires, de la clé SF et des actes en général pour l&#8217;aligner sur celui des médecins. Même responsabilité, même salaire non ?</p>
<p>Cela ne serait pas juste ?</p>
<p>Car en effet, l’État nous considère parfois comme des professionnels au rabais. D&#8217;ailleurs, si on regarde l&#8217;évolution des compétences des sages-femmes sur les 50 dernières années, il n&#8217;y a pas que l’État. Mais je m&#8217;égare un peu.</p>
<h3>Oser briser les chaines de la table obstétricale ?</h3>
<p>J&#8217;avoue que j&#8217;attendais à autre chose de votre part à ce niveau là. J&#8217;avais l&#8217;impression que toute chirurgienne que vous êtes (et avec tout l&#8217;ambivalence que je peux avoir à l&#8217;égard des chirurgiens) vous étiez une femme ouverte.</p>
<p>Nous avons toutes les compétences pour suivre et diriger un travail, qu&#8217;il soit médicalisé ou non.</p>
<p>Le fond du problème, c&#8217;est ce que souhaitent les patientes. Les anglaises ont choisi leur système, ne l&#8217;oublions pas. Ce système que vous dénoncez est celui basé sur le choix des usagères. Qu&#8217;elles souhaitent un accouchement ultra-technicisé et emplit d&#8217;acte iatrogène ou totalement naturel à fumer des joints dans une piscine (!), cela les regarde après tout. J&#8217;aimerais juste avoir leur avis sur la question, après qu&#8217;on ai mis les problématiques à plat.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au passage, il y a un endroit dans vos réflexions, où, si je puis dire, vous vous mordez un peu la queue.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Cependant, une ode trop bruyante à la nature apparaît périlleuse à celles qui considèrent le ressenti de la contraction utérine comme non nécessaire à l’épanouissement  personnel. Car n’en doutons pas une seconde, après avoir tant vanté l’accouchement pas cher et non médicalisé, on insistera bien pour nous le vendre un jour.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Ce n&#8217;est pas vous qui nous parlez de la rentabilisation par l&#8217;acte ? Une péridurale, c&#8217;est un acte. Une épisiotomie et sa suture, c&#8217;est un acte. Un forceps, c&#8217;est un acte. La surveillance avec monitoring continu du travail (qui, on ne le rappellera jamais assez n&#8217;est pas dans les recommandations et augmente le taux de Césarienne sans diminuer la mortalité) est un acte.</p>
<p>Ce paquet cadeau &laquo;&nbsp;accouchement médicalisé&nbsp;&raquo; est rempli d&#8217;actes et je vois mal un gestionnaire d&#8217;hôpital rechigner et nous vendre un accouchement pas cher et non médicalisé. Car vous savez ce qui est pas cher, mais alors vraiment pas cher ? Un accouchement à domicile.</p>
<p>Pourquoi voulez-vous déplacer une patiente qui n&#8217;a aucun problème, la stresser et la mettre en boite dans un &laquo;&nbsp;espace physiologique&nbsp;&raquo; alors qu&#8217;elle pourrait, si elle le souhaite, accoucher tranquillement chez elle entre les mains d&#8217;un professionnel compétent ? Quel est ce spectre qui se cache dans votre discours ?</p>
<p>Auriez-vous peur ? Peur que les femmes &laquo;&nbsp;sortent de la maison&nbsp;&raquo; de leurs tuteurs médicaux et s&#8217;affranchissent ? Auriez-vous peur que la maitrise de la fécondité retombe entre les &laquo;&nbsp;petites mains&nbsp;&raquo; féminines qui apprennent à nouer une relation de confiance avec les femmes ?</p>
<p>Ou est-ce vos lunettes qui nous regardent avec un décalage de plus de deux siècles ?</p>
<p>J&#8217;aimerais simplement que vous reteniez ce que sont nos rôles. Nous sommes la première ligne et <strong>nous sommes ravis de travailler en bonne intelligence avec vous lorsque la pathologie s&#8217;invite</strong>. Ou avec un cardiologue, un endocrinologue, un diabetologue, un hépatologue, un pédiatre (réanimateur ou non), un anesthésiste,&#8230; Et tout intervenant qui doit intervenir dans la prise en charge de notre patiente. Parce que, plus que tout, c&#8217;est votre travail, la pathologie. Pas le notre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je vous laisse à vos réflexions,<strong> je viens d&#8217;apprendre en vous lisant qu&#8217;il existait du chant maya pour l&#8217;accouchement et j&#8217;aime être à la mode. Alors je vais me former. </strong>J&#8217;apprends toujours beaucoup de chose des chirurgiens. Néanmoins je vous suggère de changer de lunettes.</p>
<p>Sans rancune et bien confraternellement (si j&#8217;ose dire),</p>
<p>Jimmy Taksenhit</p>
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		<title>Rage</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2012 09:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<category><![CDATA[accompagnement global]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai été absent un bon mois, sur mon petit nuage de physiologie et les veines remplies d’ocytocine. Je n&#8217;ai pas vraiment d&#8217;autres excuses. Les gardes c&#8217;est crevant, le libéral c&#8217;est crevant. Passionnant au reste. Pour cet article, j&#8217;ai fantasmé tout un tas de chose. J&#8217;ai eu, je vous l&#8217;avoue, très envie de pourfendre Odile Buisson [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai été absent un bon mois, sur mon petit nuage de physiologie et les veines remplies d’ocytocine. Je n&#8217;ai pas vraiment d&#8217;autres excuses. Les gardes c&#8217;est crevant, le libéral c&#8217;est crevant. Passionnant au reste. Pour cet article, j&#8217;ai fantasmé tout un tas de chose. J&#8217;ai eu, je vous l&#8217;avoue, très envie de pourfendre Odile Buisson <a title="Et ça, c'est une tribune dans Le Monde en ligne" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/29/la-disparition-annoncee-des-gynecologues-et-des-generalistes-de-la-sante-genesique_1676903_3232.html">parce qu&#8217;elle a pondu ça</a> mais j&#8217;ai renoncé. Après tout c&#8217;est une gynécologue-obstétricienne et je pense qu&#8217;elle doit avoir la même vision réductrice sur les sages-femmes que son copain <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl_Nisand">Israël Nisand</a> qui, même féministe, aime à citer des études américaines pro-life dans les rapports qu&#8217;il rend au gouvernement.</p>
<p>Parce qu&#8217;il est évident que pour rendre un rapport sur la sexualité des jeunes, un <strong>gynécologue</strong>-obstétricien et des psychologues sont les mieux placés. Surtout quand ils sortent des conneries monstrueuses, ignorant que la stabilité du nombre d&#8217;IVG en France est surtout dû au fait que les jeunes filles qui se retrouvent enceintes décident plus souvent d&#8217;interrompre leur grossesse. Je ne vous cache pas que je suis très mécontent d&#8217;apprendre que les propos de ce féministe invétéré (qui a par ailleurs beaucoup fait pour les recherches sur le clitoris, hein) est repris dans le programme du Front National et sur les sites des lobbys anti-avortement.</p>
<p>Oui, bizarrement, à 18 ans, 90% des filles préfèrent ne pas accoucher d&#8217;un enfant pour l&#8217;élever ; elles préfèrent faire des études pour trouver du travail et vivre leur vie. Bouh. Je vous renvoie pour cela aux excellents travaux de Nathalie Bajos sur le sujet.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>On disait quoi déjà ?</h3>
<p>Donc, mis à part ce coup de gueule (ça fait longtemps que je ne m&#8217;étais pas lâché sur l&#8217;IVG et la contraception, tiens) je suis sur un petit nuage de physiologie.</p>
<p>Ah, sage-femme, c&#8217;est réellement le plus beau métier du monde quand on a le temps de prendre le temps. Par contraste, les consultations que j&#8217;effectue avec mes sages-femmes libérales en niveau 3 me semble presque de l&#8217;abattage vétérinaire. 20 minutes. Bonjour madame, entrez, ça va, oh, ah, déshabillez-vous, pesez-vous installez-vous ne bougez-pas je prends une tension, je peux vous examiner le ventre/le col/les seins/le reste, voilà vos ordonnances, voilà vos prescriptions, vous avez des questions, on se voit le mois prochain. Et encore, le &laquo;&nbsp;ça va, oh, ah&nbsp;&raquo; fait la différence avec les médecins. Parce qu&#8217;on essaye de les faire parler un peu.</p>
<p>Par contraste cela devient presque difficile. Parce que mes consultations, en ce moment, c&#8217;est de l&#8217;accompagnement global. On papote beaucoup en accompagnement global, mais du coup on comprend mieux comment fonctionne les gens, les couples, leur vie. C&#8217;est intéressant de savoir comment cela impacte sur une vie, une grossesse, non ? De savoir comment le reçoit le compagnon. On accompagne, on va en visite pré-accouchement. Parce qu&#8217;il faut dire que ces sages-femmes font parti de celles qui pratiquent encore des accouchements à domicile.</p>
<p>Si mon professeur de service me lit, je sens qu&#8217;il va manger son journal. Lui qui a peur pour nous.</p>
<p>Parce que j&#8217;espère bien pouvoir aller sur un accouchement à domicile et participer. Histoire de pouvoir vivre ça au moins une fois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Réflexes idiots</h3>
<p>Ce stage m&#8217;apporte surtout la compagnie de sages-femmes qui voient vraiment ce qu&#8217;est un accouchement physiologique. Du coup elles ont plein de réflexions sur la façon dont est prise en charge une femme F qui vient pour accoucher dans un hôpital.</p>
<p>L&#8217;hôpital, ses réflexes et ses bêtises.</p>
<p>Il y a des choses que l&#8217;on apprend tout petiot en arrivant à l&#8217;école de sage-femme. Par exemple que 1 femme en travail = 1 perfusion. C&#8217;est systématique. C&#8217;est automatique. C&#8217;est même le truc que tout le monde fait, même dans les endroits les plus accompagnant et physiologique. C&#8217;est stupide.</p>
<p>Stupide parce qu&#8217;une fois mis en équation sur un bout de papier, cela apparait clairement.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Hey, les gens, j&#8217;ai une idée trop cool ! On va augmenter le volume sanguin des femmes de façon artificiel, histoire de diminuer la concentration d&#8217;ocytocine et d&#8217;endorphine ! Elle aura beaucoup plus de mal à gérer ses contractions et en plus on va ralentir les choses, qu&#8217;elle puisse en profiter un maximum !&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>Je l&#8217;ai fait plus souvent qu&#8217;à mon habitude. C&#8217;est pas ma faute. C&#8217;est qu&#8217;en arrivant dans un service on m&#8217;a expliqué que les anesthésistes voulaient qu&#8217;on leur fasse passer 1 litre d&#8217;emblée <em>&laquo;&nbsp;au cas où&nbsp;&raquo;</em>. Ou alors c&#8217;est les infirmières qui le pose en mettant débit important. Personne ne vient nous expliquer que c&#8217;est un problème. Personne ne vient nous expliquer les conséquences. Cela semble même terriblement anodin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Cacophonie en intérieur</h3>
<p>Ce mois dernier j&#8217;ai eu du mal à écrire parce que j&#8217;avais du mal à mettre des mots sur mon trouble intérieur. J&#8217;ai repensé ma profession en profondeur. Il faut dire que j&#8217;ai été quelque peu malmené. Les protocoles ? Aux orties. Il fallait faire dans le sur-mesure à tout les coups et éviter le systématique, repenser toutes les indications de mes actes et de mes paroles.</p>
<p>L’aseptie verbale devient une obsession.</p>
<p>Car, pour la première fois de ma vie, j&#8217;ai vu des femmes qui avaient accouché plusieurs mois auparavant. Elles gardaient des souvenirs de leur accouchement, précieusement. Parfois une phrase qui peut tout ruiner. Une attitude, un mot, un ton. Tout ce qu&#8217;on dit, tout ce qu&#8217;on fait est imprimé, déformé, amplifié. La raison n&#8217;a plus totalement court. C&#8217;est la même chose pour les échographies.</p>
<p>J&#8217;ai rencontré les conséquences terribles des mots d&#8217;une sages-femmes qui avec quelques mots ont sapé la confiance d&#8217;une jeune mère. Une fois que le mal est fait, il faut recoller les morceaux et ce n&#8217;est pas toujours évident.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J&#8217;ai replongé dans mes cours et dans mon monde intérieur pour essayer de mieux comprendre. D&#8217;un seul coup, avec un nouveau visage, j&#8217;ai vu le monde.</p>
<p>Je crois que je suis un sage-femme.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Prise de risque ?</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 16:19:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Et non]]></category>
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		<category><![CDATA[je ne suis pas un soignant inconscient]]></category>
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		<description><![CDATA[Fin de garde, les jambes lourdes et le dos en compote. Ma formation avec Bernadette de Gasquet me revient en tête. &#171;&#160;La position gynécologique est utilisée en France car elle offre un meilleur confort pour l&#8217;accoucheur&#160;&#187;. Sous des cieux plus cléments J&#8217;ai passé une garde étrange, après mon stage dans la maternité école, temple technique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fin de garde, les jambes lourdes et le dos en compote. Ma formation avec Bernadette de Gasquet me revient en tête. &laquo;&nbsp;La position gynécologique est utilisée en France car elle offre un meilleur confort pour l&#8217;accoucheur&nbsp;&raquo;.</p>
<h3></h3>
<h3>Sous des cieux plus cléments</h3>
<p>J&#8217;ai passé une garde étrange, après mon stage dans la maternité école, temple technique aux protocoles clairs et nets.</p>
<p>(Un protocole n&#8217;a rien de mauvais en lui-même. C&#8217;est même le progrès de mettre toute une équipe médicale sur les conduites à tenir à adopter en cas de problème, pour avoir une réponse adaptée et conforme aux recommandation de la littérature.)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Où en étais-je ?</p>
<p>Mon récit est un évènement singulier, possible grâce à une concordance d&#8217;éléments rares.</p>
<p>Quand je suis arrivé, au matin de ma garde de jour, j&#8217;ai senti que quelque chose avait changé. Deux ans, ça vous change un endroit de façon imperceptible. Les gens semblaient plus tendus.</p>
<p>Ce fut calme, très calme, et ce fut une journée ordinaire. Une copine qui y faisait des vacations l&#8217;année dernière m&#8217;avait pourtant dit que les gardes étaient infernales. Trop d&#8217;affluence, trop peu de temps. (Ma sage-femme m&#8217;a dit qu&#8217;on avait une journée exceptionnelle que j&#8217;allais en chier la fois suivante).</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Eux</h3>
<p>Le couple est charmant.Ils ont un projet de naissance très précis ; ils veulent qu&#8217;on les appelle par leurs prénoms. Mon précédent stage me revient en mémoire, où une patiente était arrivée avec une jolie feuille de projet de naissance, remplie de couleurs pastels. Les sages-femmes s&#8217;était doucement moqué. Là, non. La sage-femme qui m&#8217;encadre arrive à m&#8217;inclure dans le suivi, me laisse une petite place.</p>
<p>Lui, il a la quarantaine, il est grand, calme mais on ressent une pointe d&#8217;excitation derrière son visage. Il me tutoies assez rapidement. J&#8217;ai toujours trouvé ça étrange, de passer la barrière. Sa femme déambule librement, va fréquemment aux toilettes et nous laisse parfois un étrange instant <em>entre hommes</em>. On en profite pour lier un peu plus connaissance.</p>
<p>Elle, elle est un peu plus jeune. Elle est arrivé en soufflant dans la salle de travail. Elle se place en position de négociation, mais s&#8217;adoucit vite quand elle voit que la sage-femme est d&#8217;accord avec elle. La coopération commence alors. J&#8217;appends des trucs, des astuces. Elle cherche ses positions comme elle peut. On coupe rapidement le monitoring pour lui laisser de la marge.</p>
<p>Ils acquièrent la salle de naissance. Ils en font leur salle, leur lieu. Musique, coussins, quelques décorations. On entendait parfois leurs éclats de rire, parfois ses gémissements.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un jeu d&#8217;adaptation</h3>
<p>J&#8217;ai eu l&#8217;impression de devoir presque repenser mon obstétrique. Les touchers vaginaux ? Le moins possible. On en a fait 2 en 12h, animé par la conscience aiguë qu&#8217;un examen clinique devait amener une décision, une réaction à l&#8217;information que nous aurions obtenu. Nous nous sommes abstenus. Elle n&#8217;était pas dans la phase active du travail après tout.</p>
<p>Nous avons fait le minimum de monitoring aussi. Tout allait bien. Nous n&#8217;étions en définitive là que pour soutenir, pour aider, pour masser, pour appliquer une bouillotte, répondre aux angoisses, aux questions, parler dans les moments de répits, plaisanter un peu aussi. Parce que les femmes enceintes, même quand elles accouchent, ont le droit de rire un peu.</p>
<p>Parfois, c&#8217;était juste comme une présence. Je ne sais pas. Parce que l&#8217;endroit était un écrin un peu merveilleux avec la musique chinoise, les discrets clapotis de l&#8217;eau dans la baignoire ou sa respiration irrégulière. La pièce était emplie d&#8217;une lumière crépusculaire et lui, il la regardait avec tendresse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je suis parti alors que le travail commençait vraiment. Un peu à regret, mais fatigué par cette journée. Il faut du temps pour faire ce genre de suivi.</p>
<p>Je ne sais pas si ça aurait été possible de vivre ça sans ce couple, sans avoir le temps, sans cette sage-femme, ce lieu plein de respect ; sans avoir l&#8217;esprit ouvert.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Certaines filles de ma classe vont hurler à l&#8217;inconscience quand je leur raconterai cette histoire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Épilogue du 29 février :</h3>
<p>Je suis sorti de garde de nuit, fourbu, comme la veille. Alors que la maternité s&#8217;éveille, je quitte ma garde. Au lieu du vestiaire, je me dirige vers la chambre de ma patiente de la veille, pour prendre de ses nouvelles.</p>
<p>Dans le berceau dort un beau petit garçon. Sa mère m&#8217;ouvre la porte et je vois la joie sur son visage. Elle me fait entrer, me propose une clémentine que je refuse poliment. Trop de gâteaux pendant la garde. Elle me raconte la suite. Quand je l&#8217;ai quitté la veille, alors que la phase active du travail commençait vraiment. Je lui avais souhaité du courage, de la détermination et un bel accouchement.</p>
<p>Après mon départ, elle s&#8217;est levée pour aller aux toilettes. C&#8217;est en ressortant qu&#8217;elle a senti une différence. Une pesanteur dans le bassin. Elle s&#8217;est installé, avec cette gêne présente qu&#8217;elle avait du mal à identifier. Lui est allé prendre un café, et à ce moment là, elle s&#8217;est relâchée d&#8217;un coup. 30 minutes plus tard elle avait son bébé dans les bras. Elle m&#8217;a dit que je lui avait donné ce petit supplément d&#8217;encouragement nécessaire. Ca m&#8217;a touché.</p>
<p>J&#8217;ai lu vos commentaires. J&#8217;ai répondu à la plupart. Je pense que nous sommes tous d&#8217;accord : la physiologie et son accompagnement (surtout !) sont peu courant dans les CHU où se forment les futures sages-femmes ; les cadences de travail ne permettent pas une prise en charge de qualité que l&#8217;on pourrait attendre dans notre pays. Il faut replacer ces compétences dans notre métier, peut-être lancer dès la formation initiale des cours réguliers de sophrologie, de yoga, d&#8217;acupuncture&#8230; tous ces petits plus qui permettent d&#8217;aider une patiente à gérer son travail. Et surtout il faut que pour chaque femme en travail, il y ait une sage-femme qui lui soit dédiée !</p>
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		<title>Sale temps pour les fœtus</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 00:04:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les deux semaines qui viennent de s&#8217;écouler figurent dans mes périodes noires de l&#8217;année. C&#8217;est la faute de ma prof de français de 4e tout ça. Elle expliquait à tort et à travers (sans jamais appliquer ses propres leçons) qu&#8217;un humain devait se livrer périodiquement à une introspection pour remettre en cause sa place dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux semaines qui viennent de s&#8217;écouler figurent dans mes périodes noires de l&#8217;année. C&#8217;est la faute de ma prof de français de 4e tout ça. Elle expliquait à tort et à travers (sans jamais appliquer ses propres leçons) qu&#8217;un humain devait se livrer périodiquement à une introspection pour remettre en cause sa place dans l&#8217;univers.</p>
<p>Ce blog, c&#8217;est sa faute.</p>
<p>Et quand je vois mes potes qui deviennent prof, en ce moment, je me dis que les fœtus ont du mouron à se faire pour leur éducation.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un quart de siècle, la fin du monde, c&#8217;est une promenade de santé non ?</h3>
<p>&nbsp;</p>
<p>J&#8217;ai achevé, là, un quart de mon espérance de vie sur cette terre. Un quart quoi. Ce qui me rassure, c&#8217;est que les trois quarts restant, si la façon dont passe le temps reste un peu constante (je n&#8217;exclue pas un incident à la<em> <a title="Spin, de Wilson. Un des derniers vrai bon roman de SF récent que j'ai lu" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Spin_%28Robert_Charles_Wilson%29" target="_blank">Spin</a></em>, par exemple) vont passer assez lentement pour me permettre de finaliser mes projets importants. J&#8217;espère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je me suis livré depuis deux semaines à un exercice introspectif du pire effet possible.</p>
<p>J&#8217;ai remis sur la table quelques questions existentielles. Qu&#8217;est-ce que je fais en sage-femme ? Pourquoi est-ce que j&#8217;ai cette envie de dévorer des fraises tagada ? Tout ce sucre, ça me file pas un diabète quand même ?</p>
<p>En aparté, cette histoire de diabète gras me fait flipper, quand je vois mes primipare de 43 ans d&#8217;origine tunisienne qui pèsent mon poids, et qui se piquent 3 fois par jours pour éviter que leur foetus naisse avec&#8230; genre des reins qui déconnent et un problème de gyration cérébrale.</p>
<p>Reprenons. C&#8217;est quoi la vie ? Je m&#8217;installe où et avec qui dans 6 mois ? Ma directrice de mémoire va-t-elle un jour répondre à mes mails désespérés ? Ils sont sérieux avec leurs histoires de dérembourser l&#8217;IVG ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ah, oui, c&#8217;est vrai, j&#8217;ai dis que je ne parlerai pas de politique ici. Désolé. Mais ça me démange quand je lis le programme de Marine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Résolution pour la nouvelle année</h3>
<p>Pour l&#8217;année qui vient, j&#8217;ai donc pris une bonne résolution. Je sais que j&#8217;ai deux mois de retard, mais j&#8217;ai décidé de suivre le calendrier Orcrawnien qui se base sur ma date de naissance. Je fais ce que je veux ! J&#8217;ai suffisamment exploré mon moi profond pour avoir le droit de péter un fusible.</p>
<p>J&#8217;ai décidé que je serai optimiste, pour l&#8217;an 25 de notre ère.</p>
<p>A un an près on pouvait s&#8217;aligner sur <a title="C'est l'ère actuelle du calendrier japonais. On vient d'entrer dans l'an 24. Ces nuls ont un an de retard !" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%88re_Heisei" target="_blank">l&#8217;ère Heisei</a>. Je suis dégoûté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Qui de nos jours est vraiment optimiste ? Avec la crise, ACTA, Gallimard ? Moi, j&#8217;ose. C&#8217;est insolent, vantard et terriblement délicieux. Après tout, pourquoi ne pas l&#8217;être ?</p>
<p>Sérieusement, à part une guerre nucléaire, qu&#8217;est-ce qui peut vraiment empirer ? En fait, jusqu&#8217;à maintenant j&#8217;avais un point de vu assez pessimiste sur la vie. Et si, simplement, j&#8217;inversais ?</p>
<p>On verra ce que ça donne.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Quelque part, sur un chemin</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 00:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai repris les gardes en salle de naissance avec une pointe de nervosité et un soulagement énorme. La maternité école est un lieu que tout le monde décrit avec angoisse. Les étudiants regardent le planning des sages-femmes avec appréhension en se guettant les lettres effroyables, promesses de tourments sans pareils, de méchancetés gratuites et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai repris les gardes en salle de naissance avec une pointe de nervosité et un soulagement énorme.</p>
<p>La maternité école est un lieu que tout le monde décrit avec angoisse. Les étudiants regardent le planning des sages-femmes avec appréhension en se guettant les lettres effroyables, promesses de tourments sans pareils, de méchancetés gratuites et de reproches.</p>
<p>De mon côté, la reprise m&#8217;a terrifié. J&#8217;ai fait les cents pas dans le vestiaire, avant de monter en salle le premier jour. Est-ce que j&#8217;ai le niveau ? Surtout que là, on se dit que les sages-femmes ne nous rateront pas. En même temps, la salle de naissance, c&#8217;est aussi ce que j&#8217;aime. Un flux tendu de 12h à courir après des voitures lancées à pleine vitesse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>J&#8217;avais tort</h3>
<p>Je crois que dans les trois semaines qui viennent de passer, j&#8217;ai appris beaucoup. J&#8217;étais avec des sages-femmes très différentes. Je me suis même tâté à un moment sur ce que j&#8217;allais en écrire. Faire une galerie de portrait ? Trop risqué pour l&#8217;instant. Je suis encore étudiant, minoritaire, reconnaissable. Certains portraits serait flatteurs, d&#8217;autres moins. Dans tous les cas, la possibilité qu&#8217;une sage-femme lise son portrait ici et se reconnaisse &#8211; et me reconnaisse &#8211; serait dommageable pour moi.</p>
<p>Cependant, terribles ou gentilles, vieilles ou jeunes, calmes ou stressées, j&#8217;ai découvert un changement de ton qui m&#8217;a surpris. Je suis un futur collègue, maintenant. Les consignes deviennent des conseils ; le ton devient plus léger. J&#8217;ai l&#8217;impression de me tenir sur le bord d&#8217;une lame de rasoir. La très mince et subtile frontière entre le statut d&#8217;étudiant et celui de collègue.</p>
<p>Celles que je craignais en arrivant se sont révélées être des pédagogues excellentes et des tutrices attentionnées. Elles riaient de mes doutes et me rassurait sur la suite.</p>
<p>En fait, je me sens très bien dans cette maternité école.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une danse Macabre au paradis</h3>
<p>Il y a une chose que je retiendrai de ce stage : la prégnance de la mort. Elle est là, partout. Avec ses pas lourd d&#8217;une nouvelle de Jean Ray, je l&#8217;entends approcher dans le silence de mes nuits de garde. J&#8217;ai fait des interruptions médicales de grossesses avec des foetus dont l&#8217;oeil, presque énucléé, me regardait dans le blanc. J&#8217;ai aidé une collègue à chercher un coeur qui avait cessé de battre depuis longtemps. J&#8217;ai vu une patiente se faire remplir de pochons de sang et de plasma pour mieux les sortir par d&#8217;autres endroits. Parce que la situation n&#8217;était pas désespérée et qu&#8217;il fallait se battre. J&#8217;ai entendu la chef de garde parler avec la réa sur ces patientes qui n&#8217;auraient jamais dû tenter une grossesse et qui s&#8217;éteignaient à petit feu de leur maladie au long court.</p>
<p>Et j&#8217;ai soutenue des patientes qui accueillait leur enfant mort, habillé de la petite couverture choisie avec tant de soin. J&#8217;ai soutenu des pères parfois oubliés, au visage humide. Parfois un roc peut se fendiller. Et comme toutes les sages-femmes que j&#8217;ai vu dans cette posture avant moi, j&#8217;ai pris l&#8217;enfant sans vie dans mes bras et je l&#8217;ai amené dans la petite pièce du fond en le berçant. Je l&#8217;ai déposé dans sa barquette de métal avec ses bracelets et habillé avec soin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>D&#8217;un autre côté j&#8217;ai eu des accouchements magnifiques, de ceux où la sage-femme regarde par dessus l&#8217;épaule avec des étoiles dans les yeux. On devine ses mains qui tremblent presque, son corps qui se retient entier d&#8217;intervenir pendant que le périnée s&#8217;amplie et que l&#8217;enfant paraît. J&#8217;ai revu avec délice des patientes accouchées un ou deux jours plus tôt. Se dire qu&#8217;on a contribué.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a 24 ans, une sage-femme a mis deux doigts sur mon occiput et a tenu ma tête. Elle a jeté ses forces dans la bataille, conjointement avec ma mère. Elle m&#8217;a laissé monter et une fois ma tête dehors elle l&#8217;a tourné, menton sous le pubis pour que mes épaules s&#8217;engagent en faisant un pas de vis sur le détroit supérieur du bassin. Puis, avec douceur elle a fait sortir une épaule antérieure, puis l&#8217;autre épaule postérieure. Enfin, elle m&#8217;a hissé et déposé dans les bras de ma mère.</p>
<p>Demain, je m&#8217;apprête à faire ces même gestes qui m&#8217;ont donné le jour. Aller en garde le jour de son anniversaire, je vous jure, quelle drôle d&#8217;idée.</p>
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		<title>Un seul rectangle vous manque&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 17:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hier j’ai laissé mon portable dans la poche gauche de ma blouse, dans le troisième casier en partant du fond du vestiaire des étudiants sages-femmes de la maternité école. Ce vestiaire est fermé par une porte à digicode. Pour y accéder il faut traverser une réserve de matériel qui est elle-même verrouillée par une porte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier j’ai laissé mon portable dans la poche gauche de ma blouse, dans le troisième casier en partant du fond du vestiaire des étudiants sages-femmes de la maternité école. Ce vestiaire est fermé par une porte à digicode. Pour y accéder il faut traverser une réserve de matériel qui est elle-même verrouillée par une porte à digicode, au premier sous-sol.</p>
<p>Cette position dans l’univers d’un objet d’une dizaine de centimètres cube a sonné dans un coin de ma tête pendant toute la nuit, si bien que je suis retourné le chercher en allant déjeuner avec @MrJmad et @Exirel qui étaient de passage à Paris.</p>
<h3>L’histoire étrange d’une boule (et autres dissertations émotionnelles)</h3>
<p>Je me suis rendu compte que mon portable étaient resté dans ma poche de blouse en sortant du métro. J’avais laissé une amie qui est en garde avec moi en ce moment à la station précédente ; j’avais envie d’un peu de musique pour finir le trajet. J’ai eu d’un coup une boule de stress qui s’est nichée dans mon ventre. Le genre de boule que j’avais avant ma première garde. Vous connaissez cette boule non ?<br />
La boule qui dit « Je sais exactement où c’est, je sais que je n’ai pas envie d’y aller et j’ai besoin d’un truc pour vomir. »<br />
En ce moment je redécouvre que j’ai des émotions violentes qui peuvent se manifester en moi. Parfois la joie « Cet accouchement, c’était trop du bonheur ! », voir du bonheur intense « J’ai du bol d’avoir une fille comme ça dans ma vie », du stress « Vite, on pose une deuxième voie ! Appelez l’interne d’obs et d’anesth et sortez moi les gants de RU » ou des frayeurs « C’est marrant, <a title="Et quand on rompt sur le gros vaisseau, ça donne ça." href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9morragie_de_Benckiser" target="_blank">on a rompu juste à côté d’un gros vaisseaux aberrant</a>… » J&#8217;avais oublié l&#8217;effet de la salle de naissance. Ce que ça fait de sortir d&#8217;une garde de nuit de 12h en se sentant très vivant, avec pour seule envie de retourner au front. On est crevé, on a mal partout, mais la vie semble beaucoup plus belle.</p>
<p>Ou noire et glauque quand on a cumulé l&#8217;Interruption Médicale de Grossesse et la Fausse Couche Tardive.</p>
<p>Ma bouboule de stress a grandie pendant toute la nuit. J&#8217;ai redécouvert l&#8217;existence d&#8217;un réveil mécanique dans ma chambre. Le cadeau (?) que votre mère/oncle/sœur/collègues/boss (?) vous a fait un jour et qui ne sert généralement qu&#8217;à vous empêcher de dormir pendant une insomnie. Oui, aussi bien la version numérique, avec chiffres brillants dans le noir, qui rehaussent joliment la luminosité de votre chambre de 10% ; que la version mécanique qui vous sert son terrible tic-tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Et qui se règle à 5 minutes près. Un réveil à jour de repos en fait.</p>
<p>J&#8217;ai hurlé un coup en me réveillant, j&#8217;ai filé vers la maternité école. Une porte, une deuxième porte.</p>
<p>Quand j&#8217;ai pris le rectangle froid entre les mains, j&#8217;ai senti la boule se dissoudre comme un toon dans la <a title="J'ai presque entendue la boule dire &quot;Je Fooooooonds&quot;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_veut_la_peau_de_Roger_Rabbit" target="_blank">trempette</a> (un bain de térébenthine, mortelle pour les toons). Je me suis senti mieux. Soulagé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un peu de recul sur l&#8217;addiction</h3>
<p>Pendant une journée je me suis senti en manque. J&#8217;avais besoin d&#8217;avoir mon téléphone portable. De voir tout le temps mon twitter, mon tumblr, mes feeds, de recevoir et d&#8217;envoyer des sms, des mails&#8230; J&#8217;avais l&#8217;impression de ressembler à ma sœur certains dimanche. Quand elle se réveille vers 12h et qu&#8217;elle se rend compte qu&#8217;elle n&#8217;a plus de tabac.</p>
<p>Il faut que cela nous arrive pour se rendre compte du sentiment d&#8217;insécurité. Un smartphone, c&#8217;est un peu comme un deuxième cerveau. <em>Je me sens connecté</em>, au courant en fait.</p>
<p>En fait, je crois avoir du mal à me passer de sa présence rassurante dans ma poche. J&#8217;essaye de me dire qu&#8217;avant c&#8217;était mieux. Vous savez, quand on donne un rendez-vous à quelqu&#8217;un, genre « On se retrouve à Bastille, vers 15h ? » Bastille c&#8217;est genre 600 m² (à la louche) avec pleins d&#8217;arrêts de bus et de sorties de métro. Bref, Bastille, c&#8217;est vague. Heureusement qu&#8217;on a un téléphone portable pour se trouver dans la cohue.</p>
<p>Depuis que le téléphone portable existe, je pense qu&#8217;on a oublié deux fondamentaux des rapports sociaux humains : la précision et la ponctualité. Il serait plus simple d&#8217;indiquer un point de repère et d&#8217;être à l&#8217;heure non ? Plutôt que de se taper un coup de fil embarrassant pendant qu&#8217;on attend dans le froid parce que le « vers 15h » peut être 14h55 pour l&#8217;un et 15h10 pour l&#8217;autre. Si toutes les antennes relais du monde se mettaient en grève, ben ça serait plus la merde qu&#8217;une grève SNCF pendant les fêtes de fin d&#8217;année. Je dis ça&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En fait, il y a un point positif. Hier j&#8217;étais mal parce que coupé au milieu d&#8217;une conversation sms avec ma chère et tendre. Ne pas avoir mon portable a fait quelque chose d&#8217;extraordinaire : j&#8217;ai pris mon fixe et je l&#8217;ai appelée. On a parlé au téléphone. Simplement. C&#8217;était mieux.</p>
<p>Si toutes les antennes relais du monde se mettaient en grève demain, ben&#8230; Ca ne serait pas si mal en fait ? On recommencerai comme avant. Peut-être que tous ces moyens pour plus communiquer les uns avec les autres ne font que nous couper les uns des autres.</p>
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		<title>Oh, oh, oh, Jolie Poupée.</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 13:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cet article a été écrit plus ou moins en direct, et à peine retravaillé (si cette phrase saute, c’est que je l’ai beaucoup retravaillé). Je pense que cela donnera un article intéressant. La question de fond que je vais essayer d’aborder est : peut-on apprendre l’obstétrique sur un mannequin de simulation ? Et, aussi, est-ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet article a été écrit plus ou moins en direct, et à peine retravaillé (si cette phrase saute, c’est que je l’ai beaucoup retravaillé). Je pense que cela donnera un article intéressant.</p>
<p>La question de fond que je vais essayer d’aborder est : peut-on apprendre l’obstétrique sur un mannequin de simulation ? Et, aussi, est-ce que j’ai le niveau, est-ce que nos études suffisent… J’ai conscience que mon expérience isolée amènera à une réflexion superficielle. J’espère qu’il y aura un débat derrière (je vous enjoins à réagir), et, si j’y pense, je vous enverrai vers le mémoire d’une future-consœur (quand il sera en ligne) qui, justement, fait qu’on se retrouve dans l’antichambre de la peur aujourd&#8217;hui.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Acte 1 : 14h dans un département d’anesthésie</h3>
<p>Au sous-sol des urgences du C.H.U., entre trois box de consultation, se trouve un couloir empli de bureaux. Les lieux sont modernes, sans doute rénovés depuis peu au vu du bâtiment général qui date plutôt des années 80. On croise des internes en blouse, des professeurs en chemise et des secrétaires occupées à prendre le café. Nous sommes accueillis par une collègue qui nous a proposé la simulation dans le cadre de son mémoire. Pour elle c’est une chance inespérée de nous voir dans le feu de l’action pour croiser la réalité avec ses résultats (je pense que ça doit être ça, ce qu’elle a derrière la tête, non ?) et pour nous il s’agit de faire joujou avec une poupée de luxe en silicone médicale, le genre qui parle, qui bouge, qui hurle et qui pisse le sang. Je crois.</p>
<p>14h40 : deux filles de ma promo sont passées. Elles ont une tête bizarre. « Alors ?! Elle est morte votre patiente ? » lance une fille au fond de la salle. Silence gêné, petit sourire. « On a pas le droit de vous le dire. » Évasives jusqu’au bout. Autour de moi ça papote et ça bosse. Moi je psychote un peu sur ce qu’ils me réservent de l’autre côté de la porte. Hémorragie ? <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clampsie">Éclampsie</a> ? <a href="http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/embolie-amniotique-1645.html">Embolie Amniotique</a> ? <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HELLP_syndrome">HELLP</a> avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coagulation_intravasculaire_diss%C3%A9min%C3%A9e">CIVD</a> ? Je réfléchis au pire qui puisse nous arriver. Au pire on utilisera la méthode de base : masser, oxygéner, remplir, appeler à l’aide et balancer ce qu’on peut dans la bataille pour aider cette machine.</p>
<p>15h10 : d’autres binômes sortent. Les sentiments sont mitigés. Tout le monde a l’air content de son passage.</p>
<p>15h25 : il semble que le simulateur soit en panne. C’est un retard, donc scène typique : les gens parlent, râlent, restent les bras croisés, appellent 2/3 de leur répertoire téléphonique en criant dans le combiné. L’humeur est à l’orage. Un petit groupe de fille se demande pourquoi on n’est pas formés à la sémiologie de base (actuellement ce module a été ajouté au programme des L2). Les doutes qui sont les miens émergent : où est-ce qu’on va bosser plus tard, arriverons-nous à survivre dans ce monde professionnel hostile ? Comment on vit à Paris avec 1819€ brut + prime pendant les 3 ans que durera notre CDD ?</p>
<p>16h15 : toujours rien. Le débriefing du groupe précédent semble avoir commencé… Mon groupe raconte des histoires de plus en plus désabusées. D’une certaine façon ça me réconforte de ne pas être le seul à être au fond du trou en ce moment. Tout le monde a des problèmes de moral, de motivation. Tout le monde a le même état d’esprit un peu défaitiste. On dirait que ces études éreintes la motivation comme un pneu qui s’use sur une route trop accidentée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Acte 2 : Introducing Poupée</h3>
<p>16h30 : Binôme, blouse. Nous entrons dans la salle où se trouve notre Poupée. Foutredieu, qu’est-ce qu’elle est moche. L’anesthésiste est fier. « Regardez, elle bouge, elle respire et elle cligne même des yeux. Vous pouvez lui faire plein de chose ! » Son odeur de transpiration me frappe en plein museau. Poupée est là, presque endormie. Il nous montre l’entrejambe « Hey, c’est une femme, vous avez vu ?! » <em>Amazing !</em> Puis il fait le tour des instruments. Elle est perfusée. Déjà. Tout d’un coup je sens le stress monter un peu. Mes collègues commence à échanger leurs pires histoires de chasse une fois revenues dans la salle (<em>nota : faire un jour un article sur les histoires de chasse</em>).</p>
<p>16h45 : Premier binôme revient. « Pfiou, c’est la pression… » Je suis dans le 3e. 10 minutes. 10 longues minutes.</p>
<p>17h15 : Passage mouvementé. Je m’attendais à bien à une embolie amniotique, mais je ne savais pas que ça ressemblait à ça. D’un coup on se sent tout petit face à soi-même. Dans la vrai vie il parait que le tableau que j’ai vu sur 10 minutes sur développe parfois sur plus de 45 minutes. On est entré dans la salle avec Poupée qui se sentait mal. Tableau de confusion mentale suivie par une tachycardie et une hypotension. C’est un choc non ? Non ?! Et d’un coup, la saturation qui s’effondre, le pouls qui s’arrête. J’ai juste dit « J’ai plus de pouls ». Mon binôme m’a regardé regarder son torse et m’a dit « Tu masses ? ». J’ai massé. <em>Staying Alive</em>. Accroche-toi Poupée. L’anesthésiste qui nous dit juste « Chez nous, d’habitude, on les scope en fait… » Ah, une fibrilation. Je m’épuise à masser depuis 2 minutes pour rien. J’ai pris les palettes, je m’y suis cru pendant 15 secondes à étaler le gel et à charger. J’ai mis les contacts électriques sur la Poupée, en travers du cœur, « Tout le monde s’écarte ! Attention…<strong><em> On dégage !!!</em></strong> »</p>
<p>17h35 : Fin de la simulation. Ma collègue passe. « Alors c’est qui les meilleurs entre nous et les externes ? » dit une fille. « Franchement, c’est vous hein. » Avec binôme on se <em>high five</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Acte 3 : Débriefing et débat ?</h3>
<p>17h50 : Le prof revient. Il nous explique la physiopathologie de l’embolie amniotique (2e cause de mortalité maternelle en France, 25 cas par an) et sa prise en charge. Il reprend le tableau clinique et ses conséquences. Il revient aussi sur le concept de fibrillation et nous sort des vidéos prise au bloc opératoire. A 10 on le harcèle de questions, de commentaires. Je crois que c’est plus formateur que le cours de 2h que j’ai eu sur l’embolie amniotique en 4e année.</p>
<p>Pour la première fois, j’ai donc pu tester un<em> serious game</em>. Le prix de cette simulation est élevée (mobilise un chef et un interne d’anesthésie et un équipement spécialisé). Pour ouvrir un peu le débat, je vais revenir sur les points positifs et sur les points négatifs.</p>
<p>D’abord, le mauvais :</p>
<ul>
<li>Le simulateur était placé dans une pièce minuscule, sur un brancard, avec un chariot d’urgence désorganisé.</li>
<li>Il manquait des choses pour simuler une patiente en travail : pas de son de monitoring (c’est étrange comme cela paraît choquant de nos jours de ne pas avoir ce son familier), pas d’utérus et pas de fœtus.</li>
<li>Poupée est moche. Vraiment moche. Irréaliste au possible. On a du mal à croire à un être humain.</li>
<li>Les articulations sont difficiles à faire bouger. J’ai mis du temps à lui mettre un simple brassard à tension parce que son bras était un peu bloqué.</li>
</ul>
<p>Maintenant le bon :</p>
<ul>
<li>La situation clinique est réaliste et le simulateur réagit à chaque prise de décision.</li>
<li>Le simulateur renvoie un feedback clinique appréciable malgré son manque de réalisme : lèvres qui bleuissent, iris qui réagissent ou non à la lumière,… inconsciente on peut lui ouvrir les yeux et réaliser un examen neurologique ou coter un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Glasgow">Glasgow</a>. On peut prendre son pouls, observer sa respiration…</li>
</ul>
<p>J’ai l’impression d’avoir bien compris après cet ensemble simulation + débriefing. Je pense qu’il serait intéressant de faire un retour au simulateur une semaine ou deux plus tard, pour vérifier que l’expérience clinique a été efficace.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>The Forge</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 21:34:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jimmy Taksenhit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma première fois a été violente et un poil décevante. On m’a collé dans une salle carrelée, aux murs faïencés de vert, comme un cobaye, alors que je n’avais pas vraiment idée de ce que j’allais y faire ; avec une infirmière plus ou moins sympa et une patiente qui m’a regardé moi, mon badge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma première fois a été violente et un poil décevante.<br />
On m’a collé dans une salle carrelée, aux murs faïencés de vert, comme un cobaye, alors que je n’avais pas vraiment idée de ce que j’allais y faire ; avec une infirmière plus ou moins sympa et une patiente qui m’a regardé moi, mon badge et mes cheveux longs avec des yeux ronds. Je me souviens qu’elle était rousse, sympa et qu’elle m’a presque plus pris en charge que moi je ne l’ai fait. Après tout, elle avait déjà fait ça avant. Moi jamais.<br />
Je crois que je ne peux qu’être d’accord avec <a title="De la violence dans les études médicales - Bétadine Pure" href="http://betadinepure.eklablog.com/de-la-violence-des-etudes-medicales-a32228615" target="_blank">@KnackieSF</a> quand elle parle du quotidien des étudiants médicaux. Nous sommes sur une enclume et on nous donne forme avec un marteau. Je ne sais pas qui d’entre vous a déjà manqué un clou en le plantant, mais un coup de marteau ça fait mal.</p>
<h3>3 ans plus tôt, le même, en plus chevelu</h3>
<p>Je crois qu’un étudiant sage-femme doit faire parti des mieux préparé dans ce monde hostile de l’apprentissage médical.<br />
Avant de nous lâcher dans la jungle équatoriale, les instructeurs sont assez cools pour nous donner le paquetage de base. Un couteau, un manuel d’instruction, quelques cours d’hygiènes, beaucoup de cours sur l’hôpital (dont les fameux cours sur la malveillance ou sur les incendies ; on a dit jungle) et quelques éléments de cliniques. Et puis ensuite, c’est un genre de remake d’Apocalypse Now. Les hélicoptères en moins, la musique en plus selon ce que vous écoutez sur votre baladeur.<br />
« Bon alors on va te larguer au milieu de la jungle, hein ! Euh… *parasites* On a pleins d’animaux sauvages, voilà une liste de tes cibles. Je ne sais pas à quoi elles ressemblent mais tu trouveras, hein *parasites*… T’es intelligent, faut un concours pour arriver là où tu es, non ? Bon, ben… Bonne chance ! »<br />
Le premier objectif de cette mission est de localiser le vestiaire. Il m’a fallut presque un an pour comprendre où je devais me changer. Les étudiants sages-femmes de deuxième année n’étant à l’époque pas admis dans le vestiaire normal, fréquenté par les années 3 à 5. J’ai survécu en me changeant ailleurs : vestiaire du bloc opératoire le plus souvent (en mettant mes affaires dans un placard de l’office alimentaire, avec les cafards et les souris), vestiaire infirmier parfois, sauf quand les infirmières décident qu’un mec n’a rien à y faire.</p>
<h3>La première fois du reste de ta vie</h3>
<p>Une fois changé, une infirmière m’a fait le tour avec beaucoup de gentillesse. « Salut, moi c’est [prénom] alors voilà à quoi ça ressemble une salle. » Elle m’a ensuite débité une série de choses à savoir, à retenir, à repérer. C’est rentré par une oreille et ça s’est mis en couche dans mon esprit avide avec une espèce de syncrétisme idiot : celui qui range les connaissances en mélangeant un peu tout. Il m’a fallut 2 ans pour y remettre de l’ordre.<br />
Ensuite elle m’a embarqué pour m’occuper de ma première patiente en travail. Je me souviens d’elle, posée avec sa péridurale, attendant un deuxième enfant. Elle m’a regardé bizarrement, a ouvert deux yeux dans cette pièce aveugle pour dévisager l’étudiant sage-femme paumé que j’étais. L’infirmière a ignoré notre échange muet pour attraper un plateau et du matériel. « On va lui faire son Clamox, c’est à cause de son strepto B ». A tes souhaits. Je ne sais pas ce qu’est du Clamox(yl) ou un Strepto(coque) B, mais si tu veux ouais.<br />
Et puis elle a tourné les talons, après avoir ajouté un pochon sur un truc avec plein d’autres pochons, et elle m’a laissé seul avec la patiente. Il s’en est suivi un dialogue mémorable.</p>
<blockquote><p>« Bonjour, je suis [prénom, nom] et je suis étudiant sage-femme. »<br />
« Bonjour », sourire<br />
« Euh… », sourire<br />
« … » silence gêné.</p></blockquote>
<p>J’ai regardé la salle, son néon blafard, son chariot d’urgence et son lit d’obstétrique archaïque. Le battement lent de son pouls sur le saturomètre menait un jam d’enfer avec le bruit du RCF. Elle grimaça. Je me sentais con. J’ai essayé de lancer la conversation, en essayant de me mettre à sa place. C’est un premier ? Ah non ! C’est un deuxième ! Et le grand frère il a quel âge ? Il sait ce qui va se passer… Ah non, il a deux ans, il ne se rend pas compte. Elle m’a aidé à lui poser les bonnes questions, elle a commencé à parler d’elle et de son enfant. Et elle m’a posé des questions sur moi, sur mes études, sur la façon dont j’étais arrivé là. J’ai répondu en enjolivant un peu les réponses. A l’époque je n’étais même pas vraiment sûr moi-même. Je m’étais embarqué dans une série d’évènements qui s’étaient imbriqués. Maintenant je sais pourquoi je suis resté.</p>
<p>J’ai cédé ma place au père et je suis sorti.</p>
<p>A un moment la sage-femme est arrivée en trombe, a regardé la pendule, puis le couloir. Le genre « j’y vais-j’y vais pas » que j’ai appris à connaître. Elle a croisé mon regard, a regardé vers la salle et a presque crié « Les filles ! Je m’installe ! »<br />
A cette époque j’avais pour les sages-femmes une espèce de crainte respectueuse. Elles me faisaient peur avec leur façon de foncer. Je suis un quasi sage-femme maintenant, la barrière n’est presque plus là que pour la forme.<br />
Ce fut mon premier accouchement, celui qui fait peur, qui vrille, qui fait monter les larmes. Ce n’est pas le sang qui fait peur. D’un coup il apparait la conscience aigue que la femme en rose, petite et menue, est en train de déchainer son énergie pour aider un être humain à faire sortir un autre être humain. Une naissance quoi. D’un coup on devient fondu, presque bisounours. C’est mignon une naissance, c’est beau. L’infirmière m’a regardé avec son air de « Franchement ces étudiants sages-femmes, toujours pareil. »</p>
<h3>Ici l’enfer, là le salut</h3>
<p>La salle s’est figée pendant 15 secondes. Tout le monde était plus ou moins vidé.<br />
Et d’un coup la sage-femme a dit « Je vais aller m’occuper de votre loulou ! » Elle a saisi l’enfant et est partie en trombe. Bleu, ne crie pas. C’était quoi déjà mes cours ? Apgar à 5 quelque chose ?<br />
L’infirmière a mis la lumière à un endroit que la pudibonderie m’interdit de nommer. « Tiens regarde [cette vulve découpée], il faut qu’on vérifie que ça [saigne pas] ». Le père est sorti. Quand il a ouvert la porte on a entendu clairement un « On intube ! ».  Ma patiente rousse est devenue encore plus pâle.<br />
<em>Coluche : « Les phrases mal placées, rendent plus blanc que blanc ! »</em><br />
La sage-femme est revenue dix minutes plus tard. Elle a dit à la maman, toujours aussi pâle, que son bébé allait bien, mais qu’il n’avait pas commencé à respirer tout seul et donc qu’elle avait dû l’aider un peu. Elle m’a regardé et m’a demandé « Elle s’est délivré ? ». J’ai cherché les menottes et j’ai répondu « Non, je ne crois pas ». Elle m’a dit « Bravo, c’est ça ! ». Elle a regardé la vulve, le cordon qui pendait avec sa Kocher au bout, puis elle a regardé la pendule. « Bon ben s’il est pas là, on va l’attendre hein. »<br />
Un silence pesant s’est installé. La sage-femme patiente, face au cordon, les bras croisés.<br />
Après 15 minutes elle a dit « Bon, ben il sort pas, je vais aller le chercher, hein ! » J’ai fait semblant de ne pas comprendre. Elle a pris des gants que je pensais jusqu’alors réservés aux vétérinaires. Elle a mis de la Bétadine partout et son avant bras a disparu dans la patiente. Elle a sorti le placenta en petit bout. J’ai senti qu’il y avait les petits bouts de mon petit-déjeuner qui avaient envie de sortir, eux-aussi. J’ai tenu bon, dans l’odeur d’urine, de liquide amniotique, de sang et d’iode.<br />
Je me suis accroché et j’ai tenu le choc de mon premier coup de marteau.<br />
*Klang*</p>
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