Une petite maternité – 22

C’était le bizutage du dernier arrivé, la garde du 24 décembre m’échut.

J’avais réussi à éviter le nuit-nuit qui aurait gâché la fête. Il y avait la sage-femme de garde (moi), mon aide-soignante sympa avec qui j’avais préparé ce réveillon pendant deux semaines, et la puéricultrice que nous avions recruté à la dernière minute.J’ai une relation complexe avec Noël, mais pour moi c’est une fête de famille avant tout.

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J’avais amené un excellent foie gras, les filles avaient prévu une bûche maison, un peu de truite et du mousseux à la pêche. Cela permis d’encadrer la traditionnelle pintade aux marrons hospitalière.

L’IADE vint nous faire un coucou, mais le traître dînait avec l’équipe des urgences.

J’ai rarement vécu un moment aussi personnel au travail, et je crois que cela ne m’arrivera plus. Ces femmes n’ont été mon équipe que quelques mois, finalement. C’était un moment de partage simple, comme une famille élargie avec qui le quotidien n’était jamais banal. La maternité était petite, l’équipe était très réduite, et on apprend très vite à connaître les gens, vu le temps que l’on passe avec eux.

La maternité est un peu une sorte de famille élargie.

 

Puis, passé une heure du matin, la sonnette des urgences nous a sorti de notre digestion.

Elles s’étaient retenues pendant le réveillon et nous dûmes écourter le notre. C’est bien pour ça qu’il y avait une sage-femme de garde.

Les sœurcières – 21

J’ai hâte d’être en mars et de voir mes consœurs.

Internet, si je regarde les années passées, a été un vrai moteur de changement et de remise en question professionnelle.

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Une des premières que j’ai connu fut 10lunes. Est-ce que j’ai besoin de la présenter ? La probabilité que vous soyez passés lire son avent avant le mien est forte.

Ma première rencontre avec 10lunes, c’est une série de mails en associatifs, des confrontations de points de vue. J’étais jeune et plein de colère, elle était calme et expérimentée. J’ai vu grâce à elle un peu plus loin. Nous sommes vu sur des manifestations et des événements et c’est à elle que je dois en grande partie mon passage à l’exercice libéral.

Je dois parler de EtLaCigogne, une sage-femme que j’ai croisé d’abord en stage, puis sur internet. On se connaît depuis 9 à 10 ans, ça commence à compter. C’est quelqu’un de précieux à tous les niveaux, quelqu’un que j’admire également beaucoup.

On ira manger des sushis l’année prochaine, c’est déjà noté sur mon agenda.

Ambre était d’abord une blogueuse qui est devenue une amie, puis une collègue. Ou l’inverse. Une occasion saisie au vol qui est au final une des meilleures expériences de travail de ma vie, et des pires aussi.

J’ai hâte de la revoir, même si les occasions sont peu nombreuses maintenant car nos vies sont compliqués. La sienne plus que la mienne.

NiSorcièreNiFée est quelqu’un que j’ai connu via son blog. J’ai croisé cette sage-femme indirectement pendant mes années d’études. Je l’ai vu plus souvent après mon diplôme. C’est en discutant avec elle que j’ai commencé à envisager mon exercice actuel. On a discuté d’abord boulot, mais aussi de vie perso, peut-être plus qu’avec les autres.

La dernière arrivée dans mon covent est… Tilleul ? Reinemere ? Elle a de nombreux pseudonymes, elle boit plus de bière et elle parle de pop-culture comme quelqu’un de ma génération. Elle a une expérience fascinante et c’est avec elle que je peux le mieux parler de mes expériences de patientes précaires. Elle a un doctorat ès vie difficile et un blog fascinant.

On attend le livre.

 

Il y a eu ces deux dernières années plusieurs autres sages-femmes que j’ai connu sur et hors Twitter.

Jour après jour, notre communauté s’agrandit.