Les sœurcières – 21

J’ai hâte d’être en mars et de voir mes consœurs.

Internet, si je regarde les années passées, a été un vrai moteur de changement et de remise en question professionnelle.

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Une des premières que j’ai connu fut 10lunes. Est-ce que j’ai besoin de la présenter ? La probabilité que vous soyez passés lire son avent avant le mien est forte.

Ma première rencontre avec 10lunes, c’est une série de mails en associatifs, des confrontations de points de vue. J’étais jeune et plein de colère, elle était calme et expérimentée. J’ai vu grâce à elle un peu plus loin. Nous sommes vu sur des manifestations et des événements et c’est à elle que je dois en grande partie mon passage à l’exercice libéral.

Je dois parler de EtLaCigogne, une sage-femme que j’ai croisé d’abord en stage, puis sur internet. On se connaît depuis 9 à 10 ans, ça commence à compter. C’est quelqu’un de précieux à tous les niveaux, quelqu’un que j’admire également beaucoup.

On ira manger des sushis l’année prochaine, c’est déjà noté sur mon agenda.

Ambre était d’abord une blogueuse qui est devenue une amie, puis une collègue. Ou l’inverse. Une occasion saisie au vol qui est au final une des meilleures expériences de travail de ma vie, et des pires aussi.

J’ai hâte de la revoir, même si les occasions sont peu nombreuses maintenant car nos vies sont compliqués. La sienne plus que la mienne.

NiSorcièreNiFée est quelqu’un que j’ai connu via son blog. J’ai croisé cette sage-femme indirectement pendant mes années d’études. Je l’ai vu plus souvent après mon diplôme. C’est en discutant avec elle que j’ai commencé à envisager mon exercice actuel. On a discuté d’abord boulot, mais aussi de vie perso, peut-être plus qu’avec les autres.

La dernière arrivée dans mon covent est… Tilleul ? Reinemere ? Elle a de nombreux pseudonymes, elle boit plus de bière et elle parle de pop-culture comme quelqu’un de ma génération. Elle a une expérience fascinante et c’est avec elle que je peux le mieux parler de mes expériences de patientes précaires. Elle a un doctorat ès vie difficile et un blog fascinant.

On attend le livre.

 

Il y a eu ces deux dernières années plusieurs autres sages-femmes que j’ai connu sur et hors Twitter.

Jour après jour, notre communauté s’agrandit.

L’âge où – 20

Aujourd’hui j’ai fêté un anniversaire avec une vieille copine.

Quand je dis « vieille » je n’entends pas qu’elle est éligible à une carte senior SNCF, mais surtout qu’on se connait depuis 12 ans. On est presque au niveau où j’ai passé la moitié de ma vie avec elle dans le paysage.
Une vieille copine disais-je.

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C’est marrant les anniversaires à nos âges. On se retrouve pour boire un coup, on a presque honte de notre nouvelle décennie qui commence. Et on discute des gens que l’on connaissait.

J’ai l’âge où les gens que je connais font des gosses. Quand on est sage-femme, on est bien placé pour le savoir, non ? La plupart de mes patientes ont mon âge, plus ou moins 3 ans, surtout pour les premiers enfants.

J’ai l’âge où les gens se marient. Mon nombre d’amis célibataires commencent à descendre dangereusement. Il y en a toujours, surtout chez les plus jeunes. Seulement chez les plus jeunes ?
Même les copines de ma chérie commencent à se marier, à prévoir. Mon milieu professionnel n’est pas particulièrement progressif ; les vieilles institutions tiennent encore bien le coup.

 

J’ai l’âge où des potes meurent.
Déjà.
J’ai été protégé d’être à Paris, une ville où les gens conduisent finalement peu, où peu d’amis se sont fait renverser en scooter ou à moto.
Mais les gens ont quitté Paris et les accidents de voiture arrivent. Les problèmes de santé un peu aussi. Ou les suicides pour ceux qui ont réussit leur coup.