La pince à épiler

Installée, les fesses au bord du lit, elle est un peu tendu.

Je l’aide à respirer calmement, je la rassure. Je vérifie au moins qu’elle est bien installée.

Avec une pince à épiler et un scalpel, je retire ses fils. Je la préviens à chaque geste. Cela tire sur le moment, puis ça soulage. On rigole entre-deux.

Je suis en terrain miné. Il s’est passé beaucoup de choses sur ce sexe, ces derniers jours.

 

Photo by Annie Spratt on Unsplash

 

Quand j’ai commencé les visites à domicile, je ne pensais pas qu’à part les gants, les scalpels seraient un de mes principaux achats.

La pince à épiler, c’est celle de la patiente. Je la nettoie un bon coup avec de l’antiseptique, et je me rappelle ce que me disaient les vieilles sages-femmes pendant les sutures : « garde bien des chefs longs, c’est important si on doit retirer les fils ».

J’ai l’impression que les fils résorbables ont rendus les nœuds plus serrés et les chefs plus courts. « Ils tomberont dans huit à dix jours, madame. » Mais huit à dix jours, surtout juste après un accouchement, c’est long. Vraiment long.

Alors quand je vois une cicatrice trop tendue, je fais sauter les fils ; mes patientes gagnent quelques jours de confort et les allaitements se passent mieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *