Une petite maternité – 22

C’était le bizutage du dernier arrivé, la garde du 24 décembre m’échut.

J’avais réussi à éviter le nuit-nuit qui aurait gâché la fête. Il y avait la sage-femme de garde (moi), mon aide-soignante sympa avec qui j’avais préparé ce réveillon pendant deux semaines, et la puéricultrice que nous avions recruté à la dernière minute.J’ai une relation complexe avec Noël, mais pour moi c’est une fête de famille avant tout.

Photo by Ben White on Unsplash

J’avais amené un excellent foie gras, les filles avaient prévu une bûche maison, un peu de truite et du mousseux à la pêche. Cela permis d’encadrer la traditionnelle pintade aux marrons hospitalière.

L’IADE vint nous faire un coucou, mais le traître dînait avec l’équipe des urgences.

J’ai rarement vécu un moment aussi personnel au travail, et je crois que cela ne m’arrivera plus. Ces femmes n’ont été mon équipe que quelques mois, finalement. C’était un moment de partage simple, comme une famille élargie avec qui le quotidien n’était jamais banal. La maternité était petite, l’équipe était très réduite, et on apprend très vite à connaître les gens, vu le temps que l’on passe avec eux.

La maternité est un peu une sorte de famille élargie.

 

Puis, passé une heure du matin, la sonnette des urgences nous a sorti de notre digestion.

Elles s’étaient retenues pendant le réveillon et nous dûmes écourter le notre. C’est bien pour ça qu’il y avait une sage-femme de garde.

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