Et maintenant…

Je n’ai rien écrit depuis une bonne semaine. La réalité c’est que j’ai essayé. Je me suis mis devant mon traitement de texte pour tenter d’assembler des bouts d’idées. Je ne me contenterai plus d’écrire des articles gratuitement. J’ai un lectorat à contenter, à (re)conquerir et à faire rire (dans une moindre mesure).
Mais rien. J’ai écrit des billets que je n’ai jamais pu accepter de publier. Trop creux, trop vide. Immontrables, même.
Etant dans le défaut le plus total, j’ai décidé de vous faire le palmarès des articles auxquels vous avez échappé cette semaine !

Le coup de gueule sur le système hospitalier

J’ai repris le boulot la semaine dernière pour deux dernières gardes en grossesse pathologique. J’ai des choses à reprocher à ce genre de service. Je conçois le bien-fondé de notre présence là-bas, mais j’ai parfois l’impression de servir de larbin-secrétaire. Je n’aime pas la pesanteur de ces services, je n’aime pas avoir des patientes mal stabilisées qu’on attend juste de renvoyer en bas si jamais ça dérape.
Ce service ressemble à un énorme hangar de transit, où les gens viennent, restent un peu et reparte toujours. Parfois parce que ça va mieux, parfois parce que ça déconne. Elles sont en suspension.
Alors oui, j’aurais pu faire un article sur le sujet. Sur cet hôpital inhumain et sans visage, sur le personnel parfois maltraitant et sur les médecins spécialistes qui ne savent parfois pas parler aux patientes. Mais je ne l’ai pas fait. Je l’aurais fait l’année dernière, hein. Ca serait facile. Tout le monde l’a lu/écrit. Mais non.
Je ne veux pas tomber dans la facilité.

Les théories d’exploitation

Ensuite j’ai vaguement tenté un truc basé sur un humour de répétition et une gradation partant  de « L’exploitation de la sage-femme par l’interne » pour finir avec « L’exploitation de l’étudiant sage-femme par l’étudiant sage-femme ». Un truc marrant où on parle des externes plus ou moins motivés, qui tantôt facilitent le boulot et tantôt l’alourdissent. Mais c’est presque gratuit. Trop gratuit. Déjà qu’ils sont pas vraiment bien traités dans le quotidien, je ne vais en rajouter une couche. Et puis ils allaient me chercher mon cappuccino le matin.
Arrivé aux deux tiers de l’article je me suis rendu compte que non seulement c’était lourd, mais qu’en plus c’était même pas drôle. Il me manquait un souffle pince-sans-rire. J’avais ça quand j’avais davantage d’inspiration. La seule chose peut-être intéressante tenait dans le rapport d’enseignement entre deux étudiants d’années différentes, cette notion de transmission d’expérience plus que de connaissance, et d’encadrement. Je n’ai pas creusé parce que je n’arrive pas encore à avoir une réflexion claire sur le sujet. Quand je serai pro et que j’aurai mes étudiants je vous en reparlerai.

L’épopée de la pâte feuilletée

Parce que dans la vie d’un homme il y a un moment où il faut se mettre face à un ennemi redoutable. Faire une galette des rois maisons.
Ouais, je sais, ça tranche totalement avec ce qu’il y avait au dessus.
Une pâte feuilleté c’est long et exigeant. Ne faites pas de jeu de mot graveleux ou ordurier sur la pâte feuilletée. Elle vous empoisonnera la vie si vous le faites. Craignez son courroux.
D’abord il y a l’étape difficile de l’assemblage entre le beurre manié (beurre + farine) et de la détrempe (farine, eau et sel). C’est une étape très difficile. Trop de vigueur dans le geste et la pâte et blessée. Elle répand une substance blanchâtre sur la table en marbre et le rouleau à pâtisserie. Blanche et grasse, un peu gluante… non, j’ai dis, pas de jeu de mot graveleux.
Cela fait, l’homme est seul face à la bête. Il la traite avec douceur (comme une princesse donc), parfois avec force (comme une princesse toujours) mais sans brutalité (sinon elle appelle SOS Œuf Battus, parce que ce service n’existe pas pour les pâtes). Entre deux séances éprouvantes, il la stocke dans un frigo après l’avoir mis dans des positions improbables (comme le serial killer qu’il est dans son petit cœur innocent).
Comme tout bon tueur en série, fini par se poser l’épreuve ultime : le passage au fout de la princesse A quelle température, dans quelles conditions et pendant combien de temps surtout ! A ce stade de la recette, l’auteur se trouvait quelque part entre Landru et Petiot, avec une pointe de Tantale. Car la finalité, c’est bien de la faire manger aux autres, non ?
(Ceci donne un paragraphe intéressant, mais en aucun cas un article complet).

Et c’est à peu près tout. Et la semaine prochaine ne s’annonce pas excellente non plus. Quoique.
J’ai encore des hésitations quant à ce que je vais mettre sur ce blog. Je ne sais pas si je peux commencer à parler de ma vie plus personnelle ou non.

 

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