Chronique, troisième semaine de janvier 2014

Je suis retourné dans mon patelin, parce que j’avais une relève à prendre le Lundi. Comme je l’ai dis dans mon article du jeudi, c’est une raison suffisante. La motivation n’était pas très forte, mais la culpabilité, l’apprentissage des us ; tout cela a pris le dessus. Je ne vois pas d’autres raisons pour lesquelles j’aurais accepté de retourner là-bas. On a beau se dire qu’on veut partir la tête haute, mais les blessures d’ego sont choses terribles.

Quelque part ça m’a fait du bien de travailler à nouveau. On a un choc, et ensuite la continuité du quotidien reprends le dessus. On va travailler, on est aimable, on fait en sorte que les choses se passent bien. Les gens vous traitent comme une personne fragile, vous demandant en marchant sur des œufs si « ça va ».

En fait, il s’avère que ça va.

Après réflexion, je vais reprendre ma vie. C’était cool, hein, de bosser dans un petit niveau 1 de province. J’ai appris plein de choses, j’ai fait plein d’accouchements sans péridural, j’ai pratiqué autrement. Je garde ce que je peux, et je laisse le reste.

 

Pendant quelques temps j’ai pu bosser avec @ambresf, et ça c’était vraiment cool. Ses relèves de garde à parler des patientes, mais aussi beaucoup à parler d’un tas d’autres choses, à plaisanter, à déconner. On a fini la garde du lundi à se raconter des histoires de chasses, et puis après il y a eu ça. C’est marrant parce que juste avant on parlait d’histoires de chasse de ce genre, on râlait sur les urgences qui orientaient les femmes enceintes à tort et à travers, dans le genre « Oh mon dieu, elle est enceinte d’un mois et demi et elle tousse, vite, aux urgences obstétriques, faut qu’elle voie une sage-femme ! »

 

J’ai profité de mes entre-deux-gardes pour régler le reste. Ma box, mon bail, mon EDF, mon auto-école. Du coup, après, je n’ai plus rien eu à faire. J’ai retiré tout ce qu’il me restait à faire, et du coup j’ai surtout dormi avant ma garde de nuit de la fin de la semaine.

J’ai passé une nuit de merde, avec l’obsession d’avoir mon bus en sortant de garde, pour avoir mon train, pour rentrer me changer, pour aller à mon entretien. Un entretien avec le diable.

Oui, j’ai passé un entretien dans une clinique privée. « Le diable » comme dit ma chérie. Le diable avait une tête sympa, on a beaucoup papoté. En gros ça ressemblerait à mon ancien poste, avec un binôme de garde et 600€ de plus par mois. C’est à dire le salaire qu’on devrait gagner à la base. Ça s’est bien passé, alors je me tâte. Je ne suis pas un grand fan des pactes avec le diable, mais je pourrais me laisser tenter.

Dans le même temps j’ai eu des nouvelles pour d’autres entretiens, dans le public. La chasse est toujours ouverte. On va trouver. On fini toujours par trouver.

 

Post-Chroniqum :

Je parle du Diable en parlant de clinique privée, mais c’est une boutade. Il faut y voir une espèce de caricature de ce qu’on apprend au départ, le « Les cliniques ? Mais ne sont-ce pas toutes des boites à fric immonde qui exploitent l’angoisse des femmes enceintes pour les prendre (mal) en charge et leur faire cracher un maximum de blé ? »

Non.

Les cliniques ne sont pas toutes ça.

En fait la façon d’exercer dépend essentiellement des « patrons ». Il y a des cliniques privées qui laissent aux sages-femmes de l’autonomie et un pouvoir décisionnel. On peut bosser en clinique et être bien, heureux, épanoui.

Cela dit, j’ai une mentalité très très publique, et je sais que la transition sera difficile. Parce ue le but final, dans le privé, ça reste de faire gagner de l’argent.

Désolé si les gens ont eu l’impression que je crachais sur leur exercice.

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