Une petite maternité – 22

C’était le bizutage du dernier arrivé, la garde du 24 décembre m’échut.

J’avais réussi à éviter le nuit-nuit qui aurait gâché la fête. Il y avait la sage-femme de garde (moi), mon aide-soignante sympa avec qui j’avais préparé ce réveillon pendant deux semaines, et la puéricultrice que nous avions recruté à la dernière minute.J’ai une relation complexe avec Noël, mais pour moi c’est une fête de famille avant tout.

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J’avais amené un excellent foie gras, les filles avaient prévu une bûche maison, un peu de truite et du mousseux à la pêche. Cela permis d’encadrer la traditionnelle pintade aux marrons hospitalière.

L’IADE vint nous faire un coucou, mais le traître dînait avec l’équipe des urgences.

J’ai rarement vécu un moment aussi personnel au travail, et je crois que cela ne m’arrivera plus. Ces femmes n’ont été mon équipe que quelques mois, finalement. C’était un moment de partage simple, comme une famille élargie avec qui le quotidien n’était jamais banal. La maternité était petite, l’équipe était très réduite, et on apprend très vite à connaître les gens, vu le temps que l’on passe avec eux.

La maternité est un peu une sorte de famille élargie.

 

Puis, passé une heure du matin, la sonnette des urgences nous a sorti de notre digestion.

Elles s’étaient retenues pendant le réveillon et nous dûmes écourter le notre. C’est bien pour ça qu’il y avait une sage-femme de garde.

Le voleur – 19

« Y a un anniversaire aujourd’hui ? » demande le prof.

C’est le cours suivant et on m’a demandé de rester.

Est-ce que vous avez déjà vu une Birthday Jam ?

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C’est un moment en soirée où un grand cercle se forme sur la piste et où les danseurs s’échangent au détour d’une passe. J’y étais la veille, sur le bord de la piste, à me demander si j’oserais jamais entrer dans la danse.

Les profs nous ont montrés des techniques de base, quelques astuces et nous ont lâchés.

La première fois qu’on essaye de voler une partenaire, on se sent un peu nul. On regarde le couple danser, on essaye de se mettre dans les pas du leader. Il part en six temps, j’étais en huit. Il fait une passe et il me tourne le dos.

Je reste autour, je guette l’instant.

Mon premier vol est maladroit. Il interrompt presque la danse, mais notre follow est magnanime et reprend tout de suite le rythme.

Je vois l’autre leader commencer à tourner à son tour, à chercher l’instant.

 

Si je veux qu’il réussisse, il va falloir que je le laisse faire. Que je le laisse nous séparer. C’est très bizarre de commencer à réfléchir à la danse comme ça.

J’ouvre vers lui, il n’a qu’à se glisser aux côtés de la follow et la danse continue.

Je me met en quête d’un autre vol à commettre.

Cette fin de cours vit de nombreux vols bienveillants.