5 ans dans le retro (8)

Revenir au lycée après deux ans de fac, ça n’est pas agréable. J’avais eu le baratin d’une prof de terminale qui rigolait en disant que les cancres avaient peur de quitter le lycée et de grandir.

Ah, mais la fac.

C’est grisant, la fac, surtout en médecine. Les Travaux Dirigés sont avec pleins de profs différents, si on rate celui du lundi, on peut y aller tous les autres jours de la semaine. Ne pas aller en Travaux Dirigés ou en cours pour aller bûcher à la Bibliothèque Universitaire, c’est possible. D’accord, il  y avait la pression du concours. Mais on pouvait très bien sécher le cours de biophysique qu’on connaissait déjà par coeur pour aller au cinéma en fin de journée.

L’école de sage-femme, c’est le contraire. Les deux semaines qui ont suivi ma rentrée, ça a été une claque, l’impression de revenir deux ans en arrière. Les cours étaient intéressant, mais à mourir d’ennui. L’hygiène, par exemple. L’hygiène, c’est une matière où on t’enseigne à désinfecter la peau. Mais au lieu de te faire ça en 45 minutes (je pense qu’on a fait le tour, facile), le cours dure quatre heures. Dans une classe de trente, vu tout de suite parce qu’on est un gars et que les gars, il n’y en a que deux, je me suis rendu compte que je retrouvais les vieux réflexes du lycée. Métro ou 20 minutes, un stylo, une feuille. C’est parti pour les sudoku au fond de la classe, les gribouillis. Je dois dire que le fait d’avoir un ordinateur portable, l’année suivante, a beaucoup amélioré les choses, mais à l’époque j’étais encore au stylo plume et à la prise de notes manuelle.

Donc déjà, le choc des horaires (8h30 – 17h), la classe de trente deux personnes et la présence obligatoire. Heureusement, on ne faisait pas l’appel le matin.

 

Et puis il y avait un truc en plus…

J’ai fait mon lycée dans un lycée parisien élitiste, une terminale scientifique qui ressemblait à un régiment de poilu avec trois filles. Se retrouver dans l’exacte inverse m’a, au départ, un peu fait un choc.
Déjà mes repères de discussion jeu de rôle / jeux vidéo / anime / sience fiction me semblaient compromis. Je vous accorde que c’était un très gros préjugé et le futur me donna tort.
La première grande discussion eut lieu le jour de la rentrée. On ne venait pas tous de la même fac à la base, donc la P1 était un bon sujet. Le problème connexe vint des frustrations. Il y avait déjà deux ou trois personnes qui disaient faire sage-femme pour retourner en médecine après. D’autres qui attendaient la fin de la première année et les stages pour voir. La discussion sur le concours, l’enfer et les profs nous a tenu presque une semaine. Après ça j’ai cru devenir fou avec les discussions sur les relations de couple. Elles étaient presque toute en couple. C’était terrible. Il faut dire que la plupart des couples n’ont pas duré.

Bizarrement, les discussions cinéma marchaient bien, littérature aussi. Ca, c’était mon rayon, donc je m’en suis sorti. J’ai appris peu à peu à trouver un groupe, une place, une attitude. Mais ça a pris du temps.

 

Surtout, c’est dans ces deux premières semaines que j’ai fait mon premier exposé en groupe en sage-femme. J’avais toujours détesté les travaux de groupe, là c’était le pompon. Un travail de groupe post-bac, ça revient toujours à cinq personnes dont deux bossent et dont trois ne foutent pas grand choses. Une des filles a demandé à sa famille ce qu’était une sage-femme (micro-trottoir). On est tombé sur le groupe « la sage-femme ». Pas compétences ou histoire. Juste « la sage-femme ». Il n’y avait pas de note, juste une présentation orale de 10 minutes.

En y repensant je crois que les formatrices voulaient qu’on prenne conscience du coin où on mettait les pieds, donc les deux premières semaines on a eu beaucoup de cours sur la profession de sage-femme.

Cette session s’est même terminée sur une table ronde un peu mouvementé, où la classe rencontra pour la première fois une sage-femme qui alimenta plus tard des centaines de discussions post-garde.

7 réflexions au sujet de « 5 ans dans le retro (8) »

  1. Bdp

    Intéressant et à mourir d’ennui à la fois? voilà qui est paradoxal ;-) C’est sur s’ils font tous les sujets en 4h au lieu d’une on est pas sortis, Tout ça pour justifier un nombre d’heures de cours…le 8h/17h ça va faire mal je pense mais pour voir positif je serai plus au calme qu’à la maison. Puis les discussions de couple ça va être marrant non?

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  2. annelecout

    C’est tellement vrai tout ça!!
    Je pense que bcp d’entre nous sommes devenu(e)s des pros des mots fleches du 20min et avec les ordi et le wifi, nombres dheures de cours se sont passées à écumer leur site et toutes leurs grilles :-)))
    le retour au lycee apres deux ans de fac = blurp mais bon l’avantage aussi est qu’on s’y fait aussi des supers bons potes je pense.

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  3. Jimmy Taksenhit Auteur de l’article

    Elly10 : Cette sage-femme c’était… voir l’épisode 9. Et beaucoup de couple n’ont pas tenu… qu’est-ce que j’en sais moi ? J’étais pas dans leur lit. Mais au bout de 6 mois – 1 ans 60% étaient à nouveau célibataires. Peut-être à cause du rythme de vie…

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  4. MylèneSF

    A se demander presque si les « mauvaises » notes devaient être signées par les parents… De mon côté, les travaux de groupe avaient bien la côte et quoi qu’il arrive, la sensation de ne plus être tout à fait maître de ses décisions était bien présent mais s’est atténué petit à petit ;)

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