5 ans dans le retro (17)

J’avais un chapeau marrant sur la tête depuis deux semaines, à peine. Je suis arrivé à Nîmes sur le coup de 8h par le TGV avec 5€ en poche, un contact téléphonique, une valise et un forfait mort.

Qu’est-ce que j’allais foutre à Nîmes un vendredi ? Pourquoi est-ce que j’étais arrivé si tôt ? Comment allais-je me sortir de cette situation ? C’est ce que nous allons voir après une courte pause publicitaire.

J’ai vu que @MyleneSF avait ouvert un blog ! Mon plan machiavélique pour l’émergence une grande blogosphère sage-femme marche ! Bref. Elle a écrit un super billet sur sa « vocation » et le début de ses études en Gelbique. Elle va nous faire une autre autobiographie passionnante à lire, j’en suis sûr !

 

Nîmes

J’ai été assez troublé au premier abord par la gare TGV de Nîmes.

Un genre de grand bâtiment en pierre de taille blanche, avec les rails au premier étage. Les trains s’arrêtent et repartent, la gare se font dans le paysage. Bref. J’étais arrivé par le premier TGV, celui qui part à 6h30 de la gare de Lyon. Ce n’est pas que je soit masochiste, c’est qu’une fille de ma classe qui y allait avec moi m’avait supplié de prendre ce train. « J’ai pris un train de nuit et j’arrive à Nîmes à 6h30, je veux paaaaas rester toute seule toute la journée ! » m’avait-elle dit la semaine précédente, avec des larmes aux coins des yeux et un air apeuré.

Donc moi, j’avais craqué et contre tous mes principes j’ai pris un billet à une heure indue (pire que celle des stages !) pour me rendre à Nîmes. Et j’étais seul. Car oui, ma chère camarade de classe s’était plantée de date et n’arrivait que le lendemain. J’avais l’air fin, tiens. Donc à 8h30 avec juste 5€ en poche je suis arrivé à Nîmes pour mon premier WEF de l’Anesf.   J’avais dit que je parlerais d’associatif parce que ça a été un bout de ma vie étudiante. J’ai beaucoup hésité avant de commencer.

Ça ira mieux en l’écrivant.

Je suis donc entré dans le premier tabac, j’ai mis mon billet de 5 sur le comptoir pour avoir une recharge SFR (oui, ces trucs servent à quelque chose). Avec cette recharge en main j’ai marché jusqu’au centre ville. Et là, devant les arènes, j’ai appelé mon contact. La présidente de l’orga en fait. Cette fille était cool, parce que réveillée et en forme à 8h30. Elle m’a envoyé vers une autre fille vraiment cool qui m’a accueilli en serviette (parce que elle, elle dormait encore), et j’ai fini en dévorant Le périnée obstétrical. Elle avait aussi un chapeau marrant. Tout de suite, ça créé des liens.

Ma journée a commencé bizarrement, avec cette fille. Elle m’a emmené un peu partout pour faire des courses, à la sécurité routière, à la banque. On a parlé en mangeant chinois, elle était en dernière année. Il y avait un genre de gouffre entre elle et moi, et en même temps une complicité bizarre. On s’est ensuite posé dans l’appartement de la présidente, et on a fait des quiches pour la soirée en mangeant des quiches.

J’ai fini ma journée comme ça, à parler de leurs gardes, de leurs anecdotes, et en préparant des quiches et des gâteaux.

Que dire d’autre sur ce week-end ?

C’était un week-end de formation associatif. J’ai à la fois beaucoup et peu à dire là dessus. Il y avait ces gens de la liste dissidente à la dernière élection qui envoyait des piques au bureau national, il y avait des formations passionnantes. En marge les gens parlait d’une L1 santé, de rapports dont j’ai oublié le nom, de processus de Bologne. Quand j’entend parler de PACES je repense à la table ronde sur le programme sage-femme en PACES et sur les passerelles, dans une petite salle de conférence à Nîmes.

 

Non, ce qui a frappé fort sur ce week-end, c’est les gens. Des étudiants sages-femmes, une centaine, de toute la France et de toutes les échos. Ils parlaient de tout, de stages, d’accouchement. 40% de gars. Ca fait un choc. La plupart sont devenus des potes au fil du temps. Et surtout ils parlaient du CRIT.

Je reviendrai sur le CRIT dans quelques épisodes, ça nous renvoie à mars 2009. Vous aurez une version autocensurée et expurgée pour le bien des familles, mais j’essaierai aussi de casser quelques idées reçues.

J’avais dans ma chambre un mec que j’avais connu à mon week-end d’intégration, un étudiant sage-femme de Brest (celui qui avait un cubi dégueulasse). C’était un gros associatif. C’est que, peu à peu, ça vous bouffe, cet univers là. En tout cas, pour les rencontres, j’étais servi.

 

Enfin, le samedi soir, il y eut le gala. Mon colloc d’un temps avait des bretelles, moi un noeud papillon. On a bu, on a chanté, on a dansé. On a vraiment beaucoup chanté. J’ai regardé mon entrée avec envie pendant une bonne heure avant de pouvoir toucher à mon assiette.

En fait, voilà comment ça se passe.

D’abord il y a une chanson qui s’appelle La prière, puis classiquement se chante Les mois de l’année où chaque personne boit un verre à son mois de naissance puis un verre à la fin. A suivi le Grand Vicaire, qui est une paillarde classique où le jeu est à qui inventera le meilleur couplet improvisé, puis A que nos pères et les Chevaliers de la Table Ronde qui sont des chansons à boire assez classique. Après ça, le mouvement a tendance à éclater entre les tables, certains chantes des chansons régionales (Passant par ParisLa Bourguignonne). On a bu beaucoup de vin, ce qui a tendance à rendre l’alcool superflu. Et à la fin, on a dansé jusqu’au bout de la nuit.

J’ai cette étrange capacité, en soirée, de me souvenir de tout. Il y en a qui ont un trou noir en buvant, moi pas. Peut-être parce que je fais attention… Je me souviens d’avoir eu mon premier pins pour mon aide à l’organisation (je le chéris plus que beaucoup d’autres que j’ai acquis depuis), je me souviens que mon colloque m’a dit qu’il souhaitait rentrer avec une fille et m’a indiqué que la chambre de la demoiselle m’accueillerait le temps de dormir.

J’ai donc dormi dans une chambre qui n’était pas la mienne, jusqu’au moment où une fille est rentrée avec le DJ et nous a jeté dehors. J’ai dormi dans une autre chambre ensuite, je ne sais même plus avec quelle ville. En passant j’ai croisé quelques personnes qui avaient connu le même sort que moi. Des sans-chambres fixes.

On m’en a encore reparlé en juillet dernier. J’étais « Le mec qui a changé 3 fois de chambre ».

Voilà. C’est fouillis comme souvenir, mais je ne veux pas raconter plus de détails. Mais j’y ferai sans doute référence.

 

Toujours est-il qu’une semaine plus tard commençait mon stage en cardiologie.

Une réflexion au sujet de « 5 ans dans le retro (17) »

  1. Bdp

    Ah toi aussi tu as un chapeau marrant, j’en rencontre pas mal par chez moi, ce sont des gens super sympas pour la plupart, et moins sectaires que je ne le pensais avant. Bref j’ai hâte que tu m’en dise + sur le CRIT :-)

    Répondre

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